analyse

Un bulletin économique sans distinction

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Avec la chute de son gouvernement, Charles Michel ne termine pas en beauté. Si Michel Ier a réalisé quelques pas en avant en matière socio-économique, les attentes élevées n’ont pas été rencontrées.

Au début du gouvernement de centre droit, le président de la N-VA Bart De Wever annonçait que Michel Ier serait un gouvernement de redressement économique "dès le premier jour". Avec quatre objectifs: créer des emplois, remettre en ordre les finances de l’État, abaisser l’immense pression fiscale et alléger l’appareil d’État. Évaluation.

1/ Emplois

220.000
nouveaux emplois
Au cours des quatre années passées au Fédéral, quelque 220.000 nouveaux emplois ont été créés.

Au cours des quatre années passées au Fédéral, quelque 220.000 nouveaux emplois ont été créés. Un résultat satisfaisant. On se souviendra qu’en son temps, l’ancien Premier ministre Guy Verhofstadt (Open Vld) avait émis l’objectif de 200.000 emplois. L’incrédulité était générale mais il finit par atteindre le chiffre qu’il s’était fixé. Le gouvernement Michel a fait mieux et c’est ce qu’il met régulièrement en avant. Dans une comparaison européenne, nous nous trouvons cependant en dessous de la moyenne. Dans la zone euro, la croissance de l’emploi a été de 1,2% en moyenne par an, contre 1% dans notre pays. Le gouvernement avait mis un jobsdeal en chantier afin de tenter de mieux pourvoir le nombre croissant de postes vacants. Mais à présent que le gouvernement est tombé, cet accord ne sera jamais approuvé.

2/ Finances de l’État

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Bart De Wever avait déjà admis que le budget était le point faible du gouvernement Michel. L’accord de gouvernement promettait l’équilibre en 2018, mais il n’en sera pas ainsi. Ce gouvernement laisse derrière lui un déficit de 0,8% du produit intérieur brut (PIB), soit près de 4 milliards d’euros. Michel & Co l’ont réduit de 2% du PIB, soit plus de 8 milliards d’euros, mais cela est dû en grande partie grâce à la baisse des charges d’intérêt en raison du taux bas et de la conjoncture.

Une partie des économies a été réduite à néant par des dépenses supplémentaires, notamment pour l’asile, la migration et la sécurité. Les réductions d’impôts ont, elles aussi, eu leurs coûts. Il a d’abord été annoncé que le tax shift et l’abaissement de l’impôt des sociétés n’auraient aucun impact sur le budget car aux baisses, venaient répondre de nombreuses augmentations d’impôts. Mais cela n’est pas avéré: sans ces abaissements d’impôt, on aurait certainement réussi à mettre le budget en équilibre.

Le prochain gouvernement se trouvera donc devant une très lourde tâche car on s’attend à ce qu’il ne puisse plus profiter d’une baisse du taux. Autrement dit, il n’y aura pratiquement plus aucune marge pour abaisser les impôts. Et il faudra de rudes économies.

Alors que des pays comme les Pays-Bas et l’Allemagne peuvent pavoiser avec des excédents de 1%, notre pays reste à la marge. Notre dette publique ne baisse pas assez vite: avec un taux d’endettement de plus de 100% du PIB, nous faisons partie des plus mauvais élèves d’Europe. Seuls l’Italie, le Portugal et la Grèce ont un taux d’endettement supérieur.

3/ Pression fiscale

Grâce à un abaissement des impôts via le tax shift, la pression fiscale est retombée, ces quatre dernières années, de 45,1% à 44,5% du PIB. Mais nous n’en restons pas moins parmi les pays les plus imposés. La pression fiscale n’est supérieure qu’en France. Pour les entreprises, le gouvernement Michel a ramené le taux de l’impôt de 33,99% à 25%, ce qui nous rapproche de la moyenne européenne.

Mais pour les travailleurs, dont près de la moitié des revenus passe en prélèvements, il reste beaucoup à améliorer. La rue de la Loi en a également conscience. Le Conseil supérieur des Finances prépare déjà une grande réforme de l’impôt des personnes physiques et étudie divers scénarios, dont un impôt forfaitaire (un seul taux de 30%, par exemple) et une double imposition des revenus. Dans ce dernier scénario, les revenus du travail sont taxés selon un système progressif et tous les autres, tels que revenus locatifs et plus-values, le sont à un taux fixe.

4/ Dépenses publiques

L’objectif d’alléger l’État a bien été atteint par le gouvernement. Les dépenses publiques totales sont tombées de 55,3% à 52,4%. Mais sans parvenir à passer sous la barre des 50%, comme proposé avant les élections. Dans la zone euro, la moyenne des dépenses publiques totales atteint 46%. Le gouvernement a économisé sur les administrations. Elles ont dû faire avec moins de moyens et de nombreux fonctionnaires partis à la pension n’ont pas été remplacés. Avec moins de 60.000 fonctionnaires fédéraux, c’est une cure d’amaigrissement inédite pour les pouvoirs publics. Pourtant, le gouvernement visait davantage au départ, à savoir un chamboulement en profondeur de l’appareil public. Ce redesign devait rapporter des centaines de millions d’euros. Ce projet a entièrement échoué.

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