Un conseil des ministres spécial autour du pacte des migrations

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Initialement, la question ne figurait pas à l'ordre du jour. Mais la N-VA demande que le pacte de l'ONU sur les migrations soit mis à l'agenda du conseil des ministres. Gouvernement en péril? "Dieu seul le sait..." ironise le N-VA Theo Francken. Un conseil des ministres sera donc organisé autour du pacte.

La crise politique bat son plein... Un conseil des ministres spécial va être organisé, à la demande de la N-VA, a annoncé le Vice premier Kris Peeters. Quand? Aujourd'hui. OU demain samedi. Ou dimanche... Et "c'est Charles Michel qui déterminera l'agenda" a encore précisé Peeters. En attendant, le Premier ministre organise des réunions bilatérales avec les vice-premiers ministres pour organiser les travaux.

Ce matin, la N-VA a donc encore compliqué la donne en demandant que le pacte de l'ONU sur les migrations soit ajouté à l'agenda du conseil des ministres. Initialement, la question ne figurait pas à l'ordre du jour de la réunion de vendredi. Le gouvernement n'avait pas non plus prévu de se réunir en comité ministériel restreint. Pour changer l'agenda, il faut le faire au "consensus", avait-on rappelé de source gouvernementale en matinée. 

Ce matin, le secrétaire d'État à l'Asile et aux Migrations Theo Francken (N-VA) a dénoncé sur la VRT l'"agression" des partenaires de la coalition sur le pacte de l'ONU sur les migrations.

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"Je suis choqué par l'agression des partenaires de la coalition", a-t-il indiqué à la VRT en arrivant au conseil des ministres.

"Je suis choqué par l'empressement et l'agression du CD&V et de l'Open Vld à la Chambre, pour pouvoir malgré tout obtenir un amendement, ensemble avec les 'partis des frontières ouvertes'" (Theo Francken)

Pour rappel, jeudi soir une majorité alternative composée des libéraux, du CD&V, des socialistes, des écologistes, du cdH, de DéFI et du PTB a adopté une résolution qui ne plaide pas en faveur des frontières ouvertes, mais demande au gouvernement d'approuver le pacte de l'ONU sur les migrations.

"Ce n'est pas très élégant", a poursuivi le secrétaire d'Etat N-VA. "Un pacte migratoire ne peut pas lier la Belgique", a-t-il répété vendredi matin sur Facebook. "Je me battrai contre cela jusqu'à la dernière seconde", a-t-il ajouté. 

Interrogé sur la chute possible du gouvernement vendredi, il a soupiré en lâchant en anglais: "Dieu seul le sait..."

Comment Charles Michel va-t-il se sortir du bourbier dans lequel l'enlise la N-VA?

"Si la N-VA ne laisse pas le Premier ministre aller à Marrakech, nous aurons un gros problème politique", déclarait ce vendredi matin dans De Ochtend (VRT) le chef de groupe du CD&V à la Chambre, Servais Verherstraeten. Par contre, si Charles Michel fait le voyage au Maroc, il aura 10 jours de plus pour trouver une solution avant le vote du texte à l'ONU, a-t-il ajouté.

→ Les nationalistes flamands persistent à dire que Michel ne pourra se rendre à Marrakech au nom du gouvernement puisque le conseil des ministres n'a jamais donné de feu vert officiel. Pour la N-VA, si le Premier ministre se rend à Marrakech, il devra dire qu'il n'existe pas de consensus sur le pacte au sein du gouvernement. "S'il est présent et qu'il se tait, c'est une approbation tacite; il doit dire quelque chose", insiste Jan Jambon. 

Mais selon le ministre de l'Intérieur N-VA, la réunion des ministres de ce vendredi a été "constructive" après les débats "enflammés" de jeudi au Parlement. Charles Michel est censé décoller dimanche pour Marrakech...

Selon Servais  Verherstraeten, le Premier ministre devra maintenant faire preuve de... créativité. 


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