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Un électrochoc… pour nos gouvernants

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Les propos de Frank Vandenbroucke sur la fermeture des commerces suscitent le malaise jusque dans la majorité.

Les commerces non essentiels rouvrent ce mardi. Mais ils n’auraient peut-être pas dû fermer il y a un mois. Les propos du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke – "faire du shopping ne comportait pas vraiment de risque (…) mais il fallait un électrochoc" – sont une gifle pour les personnes qui ont perdu des revenus, pour ceux qui angoissent pour l’avenir de leur activité.

Frank Vandenbroucke, qui incarne la ligne dure dans la lutte contre le Covid-19, a commis une faute politique. Son erreur de com' mine la confiance que la population doit avoir dans le bien-fondé des décisions gouvernementales. Que dire aujourd’hui aux "métiers de contact" (coiffeurs par exemple) qui doivent garder portes closes? Que dire aux Belges qui veulent braver l’interdiction de fêter Noël en famille?

La gestion d’une pandémie est un exercice difficile, à multiples facettes et aux intérêts parfois contradictoires. Il faut se battre contre des thèses complotistes. Il faut convaincre les réticents. La lassitude gagne même les plus motivés. Et il faut prendre des mesures fortes et pénibles. Celles-ci sont parfois nécessaires, dans un souci évident de santé publique. Mais elles ne peuvent se défendre que si elles sont pertinentes et scientifiquement étayées.

Il faut des mesures claires, cohérentes, proportionnées et justifiées.

Ces décisions doivent aussi s’appuyer sur une bonne communication de crise, un atout indispensable pour susciter l’adhésion. Il faut des mesures claires, cohérentes, proportionnées et justifiées.

Or, la communication gouvernementale est mal calibrée. La déclaration de Frank Vandenbroucke en est une illustration. Mais il y en a d’autres. Sur cette fermeture des commerces, certains partis décrient aujourd’hui une mesure qu’ils ont approuvée à l’époque à la table du comité de concertation. Ce week-end, certains ont laissé entendre qu’on pourrait peut-être quand même changer in extremis les décisions prises vendredi soir. Ce week-end toujours, les autorités ont diffusé une campagne de pub ("1 équipe de 11 millions") indigente.

Désormais, il faut un électrochoc… pour nos gouvernants. Ils doivent restaurer la confiance. Faute de quoi, demain, la future campagne de vaccination ou la relance économique risquent d’être des fiascos. Avec leur "équipe de 11 millions", nos autorités veulent unifier la population dans le match contre le coronavirus. Mais la Belgique ne gagnera jamais la partie si ses meilleurs joueurs – du moins ceux qui sont censés l’être – se disputent sans cesse entre eux voire marquent contre leur camp.

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