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Budget 2022: un équilibre politique loin des déclarations matamoresques

©BELGA

Le PS semble victime de ses demandes d'avant conclave tandis que les libéraux estiment avoir marqué des points, surtout en matière de flexibilité du travail.

L'accouchement nocturne de ce budget 2022 ne fut pas de tout repos pour les protagonistes de la Vivaldi. Entre le spectre de la sanction contre les chômeurs refusant un job ou une formation dans un métier en pénurie (demande MR) planant sur les discussions, le travail de nuit pour favoriser le secteur de l'e-commerce et la révision de la mesure "zéro-cotisation sociale" pour le premier emploi, le débat a donné lieu à de vives oppositions PS et MR. Après un départ précipité de la vice-Première MR Sophie Wilmès et une reculade du PS. Au bout du tunnel, un accord in extremis dont aucun des sept partis ne sort complètement déshabillé. Au-delà du psychodrame politique, tâchons de voir qui y gagne le plus.

L'aile libérale du gouvernement salue l'accord avec un certain enthousiasme. Avec un effort de 2,4 milliards, MR et Open Vld peuvent vendre un réel volontarisme en matière de réduction du déficit. Ce n'était pas évident vu les velléités socialistes et écologistes en matière de dépenses. La volonté, plus forte, côté néerlandophone, d'en revenir à plus de mesure se traduit encore dans le plan d'investissements qui ne dépassera pas le milliard d'euros sur trois ans.

Des tabous à la trappe

Côté libéral, on se félicite encore de plusieurs tabous levés (dixit Van Quickenborne) notamment sur le temps de travail avec l'introduction de la semaine de quatre jours, l'ouverture sur la réforme du travail de nuit en faveur de l'e-commerce, la réactivation des malades de longue durée ou encore le volontarisme affiché sur la question des pénuries d'emploi. Par contre, le MR n'a pas obtenu la sanction des chômeurs demandée avant conclave ou encore le retrait du paiement des allocations de chômage par les syndicats. Mais, en dehors des comptes-titres, pas de nouvelle taxation non plus et la mesure "michélienne" d'exemption des cotisations sociales pour le premier emploi est maintenue même si elle est désormais encadrée par un dispositif anti-abus.

Le PS semble moins à la fête. Il faut dire qu'il avait placé la barre très haut avant le conclave en demandant, par exemple, la gratuité dans les transports publics ou un chèque de 100 euros pour l'ensemble des ménages suite à la hausse des prix de l'énergie. Si la gratuité à la SNCB n'a même pas fait débat, la gauche obtient tout de même l'extension du tarif social en énergie et un coup de pouce de 80 euros pour les ménages les plus fragiles. Ce n'est pas rien. Et on attend le débat à venir sur le travail de nuit qui est remis à plus tard. Si le PS peut se féliciter d'une première volée de mesures en emploi, au niveau investissements publics, il n'obtient quasi rien de plus que ce que prévoyait l'accord de gouvernement, ce qui ne peut que décevoir le discours du parti.

Chez les verts, on a le sourire discret, mais le sourire quand même. Notamment parce qu'un tiers du plan d'investissements sera mis en œuvre par les ministres Ecolo/Groen. Les 250 millions destinés au rail est une plume incontestable au chapeau des verts. Le principe de la création d'un Ocam du climat, avancée par la ministre Khattabi est acté, tout comme celui d'une taxation des billets d'avion qui même symbolique, ouvre une porte nouvelle. Et la ministre Tinne Van der Straeten obtient un accord sur l'énergie qui est social sans encourager la consommation.

En attendant sa réforme fiscale basculante, le CD&V obtient la suppression d'une cotisation pesant sur le pouvoir d'achat, tandis qu'Alexander De Croo, fort critiqué en interne ces derniers temps, peut se féliciter de passer son premier test hors-covid.

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