portrait

Un exemple féminin au perchoir

Eliane Tillieux est la première femme à occuper la présidence de la Chambre depuis la naissance de la Belgique.

La valeur symbolique de cette première est considérable aux yeux d'Eliane Tillieux. Pas question pour elle de s'en cacher. La socialiste entrera dans l'histoire comme la première femme à occuper la présidence de la Chambre. Avant elle, 51 hommes s'étaient succédés au "perchoir" de l'assemblée sur 191 années où prédominèrent "les valeurs masculines". "C'est l'aboutissement de tous mes combats pour l'égalité entre hommes et femmes", confesse-t-elle encore. L'accession par une femme à de hautes fonctions a toujours valeur d'exemple, les femmes peuvent se dire "c'est possible"." Sa confirmation par ses pairs à la Chambre mardi marque une ouverture nouvelle, un signe "des temps qui changent", dit-elle aussi. Eliane Tillieux promet une présidence "bienveillante" à l'égard de la liberté de parole des députés.

"C'est l'aboutissement de tous mes combats pour l'égalité entre hommes et femmes."
Eliane Tillieux
Présidente de la Chambre

Eliane Tillieux n'est pas parmi les figures nationales les plus médiatiques au PS. C'est dernières années, elle a surtout incarné le combat de la gauche pour assouplir la législation qui encadre l'Interruption volontaire de grossesse. Malgré une majorité et des mois de débats, le texte est aujourd'hui gelé au Parlement, et l'accord du gouvernement De Croo prévoit d'aboutir à un nouveau consensus incluant le CD&V, rétif à la réforme. Un renoncement? "Pas du tout", assure ElianeTillieux. "Le gouvernement n'a pas confisqué le dossier, celui-ci demeure entre les mains du Parlement." Dont acte.

Débuts politiques à la Province

Sa carrière politique, Eliane Tillieux – 54 ans – l'a démarrée à la province de Namur, où elle fut élue pour la première fois en 2000. Namuroise, elle l'est. C'est à Champion que cette fille d'ingénieur et d'une mère au foyer a poursuivi sa scolarité avant d'obtenir une licence en traduction à Bruxelles. Elle passera ensuite par Solvay pour décrocher une maîtrise en management public. Entre 1990 et 2004, elle œuvrera à la division commerciale de la Société wallonne des eaux à Verviers, avant de quitter son poste pour prendre son siège de députée wallonne en 2004.

Namuroise, elle l'est. C'est à Champion que cette fille d'ingénieur et d'une mère au foyer a poursuivi sa scolarité.

Réélue en 2009 et en 2014, la figure de proue du PS à Namur montera au gouvernement régional dès 2009 pour prendre en charge l'Action sociale, la Santé et l'Egalité des chances. Elle rempile en 2009 comme ministre régionale de l'Emploi. Son mandat fut marqué par la mise en oeuvre de la première réforme des APE (les emplois aidés), juste avant que la majorité wallonne n'explose sur impulsion du cdH, dans un climat de scandale né des affaires Nethys et du Samusocial. Elle a également mené une expérience de réduction du temps de travail dans le secteur de la formation en alternance.

Opposition difficile

Eliane Tillieux est aussi à la tête de l'opposition au bourgmestre cdH, Maxime Prévot, à Namur. Le PS y vit des années difficiles qui furent notamment marquées, entre autres, par des départs de son groupe au conseil communal profitant aux forces humanistes à la ville de Namur. C'était au milieu des années 2010.

Ces épisodes ne semble pas avoir entaché la popularité d'Eliane Tillieux. Tête de liste au fédéral en mai 2019, elle est élue avec plus de 21.000 voix de préférence, faisant le quatrième meilleur score du PS et le premier score féminin du parti.

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