Un huissier se présentera chez Theo Francken

Theo Francken, secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration ©Photo News

Le gouvernement fédéral a déclaré qu'un accueil humanitaire était possible au Liban pour la famille syrienne qui demande un visa en Belgique. Les avocats de la famille ont rejeté cette proposition et enverront un huissier.

Proposer à la famille syrienne de solliciter des visas humanitaires libanais plutôt que belges, "c'est soit penser que nous sommes les derniers des imbéciles, soit parfaitement cynique", a réagi lundi soir l'un des avocats du ménage qui réside actuellement à Alep, Me Olivier Stein.

• Le point de départ: la semaine dernière, la Cour d'appel de Bruxelles a rendu un arrêt qui oblige l'État belge à exécuter une autre décision de justice, rendue par le Conseil du contentieux des étrangers et qui lui impose de délivrer des visas ou laissez-passer à un couple syrien et leurs deux enfants. Tant que l'État ne s'exécute pas, il est redevable d'une astreinte de 4.000 euros par jour de retard.

• La polémiquele secrétaire d’état à l’Asile et la Migration Theo Francken ne veut pas accorder ce visa. Il estime que cela créera un "dangereux précédent" qui ferait "perdre à la Belgique le contrôle de ses frontières". 

La tentation de compromis: lundi soir, l'exécutif Michel a indiqué qu'il avait eu des contacts diplomatiques avec le Liban pour s'assurer que ce pays était prêt à accorder des visas humanitaires, et qu'il allait donc suggérer à la famille de rejoindre le Liban.

"Une proposition inacceptable"

"C'est une farce de communicants. Cette proposition est inacceptable. Elle ne respecte pas les décisions de justice."
Me Olivier Stein
Avocat de la famille syrienne

Mais cette proposition n'a pas (du tout) convaincu les avocats de la famille syrienne. "Le Liban accueille déjà des millions de réfugiés. La situation y est atroce; les réfugiés sont victimes de la criminalité de bandes armées et le gouvernement le sait très bien", s'indigne Me Stein. "C'est une farce de communicants. Cette proposition est inacceptable. Elle ne respecte pas les décisions de justice. Je ne m'attendais pas à ce que le gouvernement ose encore franchir des lignes rouges", a-t-il ajouté. "On ne parle pas de la décision d'un juge, mais de trois juges de la Cour d'appel, ainsi que de trois juges successifs du Conseil du contentieux des étrangers", a-t-il insisté.

Les avocats enverront donc ce mardi à 15h30 un huissier de justice au cabinet de Theo Francken pour exiger le paiement de 20.000 euros d'astreintes.

Manifestants anti-Francken

Le débat organisé par le MR et lors duquel Theo Francken s'est exprimé sur la politique migratoire a été chahuté dès les premiers instants, lundi, à Gosselies. La réunion de ce lundi a fait, a-t-il dénoncé, l'objet de manœuvres d'intimidations sur les réseaux sociaux qui ont dissuadé un certain nombre de personnes intéressées d'y participer. Des personnes présentes dans la salle l'ont alors interrompu, criant que la démocratie consistait aussi à laisser entrer dans la salle ceux qu'on empêchait d'y accéder. 


Des cris de "fascistes" se sont encore élevés et un des spectateurs a été forcé à sortir de la salle, Denis Ducarme s'efforçant de reprendre son exposé, avant qu'un autre spectateur soit à son tour évacué après avoir été plaqué au sol. Denis Ducarme a alors brièvement résumé la politique gouvernementale avant de donner la parole à Theo Francken.

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