analyse

Un premier grand test pour le roi Philippe

Au lendemain du scrutin de mai, Bart De Wever avait prescrit une boîte de Dafalgan au Roi, pour démêler la situation... ©Photo News

La "préformation" du gouvernement menée par Geert Bourgeois (N-VA) et Rudy Demotte (PS) n'a pas permis de clarifier la situation politique. Prolonger? Changer de formule? Aucun scénario ne semble pour l'instant s'imposer. Que va faire le Roi?

Que va faire le Palais? Les préformateurs Bourgeois et Demotte doivent lui remettre leur rapport ce lundi. Il s'agira de la première grande épreuve pour le roi Philippe, qui va devoir prendre une décision pour sortir de l'impasse, entend-on.

"Il y a beaucoup de bruit dans les buissons, mais pour l'instant rien ne filtre", disait-on dimanche soir, rue de la Loi. Il ne semble pas y avoir de progrès dans les pourparlers entre la N-VA et le PS pour mettre en place une coalition "jaune pourpre". Le président du PS, Paul Magnette, ne croit pas qu'il puisse se passer grand-chose tant que les élections présidentielles doivent encore se tenir au MR, au CD&V et à l'Open VLD. Face à ce vide de pouvoir, il est difficile de savoir à qui s'adresser.

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Néanmoins, le président de la N-VA Bart De Wever ne semble plus vouloir tourner en rond. C'est la raison pour laquelle il a soudain été signalé qu'il fallait d'abord tester une remise en selle des verts. L'intention était de brûler la piste d'une coalition "vert pourpre", afin que le PS n'ait plus vraiment d'alternative pour la N-VA. Mais Paul Magnette aimerait garder cet atout dans sa main.

Par conséquent, les préformeurs Geert Bourgeois (N-VA) et Rudy Demotte (PS) n'ont pas été en mesure d'établir beaucoup de nouvelles solutions ces dernières semaines. Ou comme le dit l'un des protagonistes: "Le résultat de la préformation n'est pas encore clair". Il ne semble pas y avoir de consensus politique sur la prochaine étape que le Roi devrait franchir ce lundi 4 novembre, date d'expiration de la mission des préformateurs.

Une prolongation de cette préformation? Ce n'est pas le scénario rêvé par le Palais, qui commence à craindre pour sa réputation. Nous sommes près de six mois après les élections et cela fait près d'un an que le gouvernement fédéral est en affaires courantes. Le plan A est que la préformation se mue en réelle formation d'un gouvernement. Mais ni De Wever ni Magnette ne sont prêts à être envoyés sur le terrain.

Autre scénario: faire travailler un libéral ou un démocrate-chrétien, mais ni Open VLD ni CD&V n'ont envie d'être jetés dans la fosse aux lions.

Plan B: un gouvernement temporaire

Si une majorité parlementaire est trouvée pour lancer une tripartite classique, personne ne peut l'arrêter. Mais ce gouvernement risque alors d'y rester jusqu'en 2024.
Un protagoniste

Le plan B consiste à mettre en place un gouvernement temporaire qui pourrait fournir des orientations politiques. Dans les cercles libéraux, on pense à une tripartite composée de démocrates-chrétiens, de libéraux et de socialistes. Un tel gouvernement ne dispose pas de la majorité au Parlement, et devrait compter sur le soutien des verts pour des questions majeures, telles que le climat et le budget.

Ce n'est pas la première fois que le scénario d'un gouvernement d'urgence est évoqué. Il a également fait l'objet de discussions au sein du gouvernement en affaires courantes lors du passage de témoin au 16, rue de la Loi. "Lorsque Charles Michel a été remplacé, il a été question de savoir combien de temps cela prendrait et combien d'autres incidents, comme un vote sur les douzièmes provisoires, se produiraient et comment empêcher ce genre de chose de se produire", déclare l'un des principaux protagonistes.

"Si une majorité parlementaire est trouvée pour lancer une tripartite classique, personne ne peut l'arrêter. Mais ce gouvernement risque alors d'y rester jusqu'en 2024", note un président de parti. A l'époque, c'est Koen Geens (CD&V) qui aurait lancé l'idée, bien qu'il le nie formellement. Mais les libéraux flamands ne voulaient de toute façon pas se lancer dans une telle aventure. Lorsque le Premier ministre Charles Michel, avec le soutien des socialistes, a voulu prendre un nouveau départ à la fin de l'année dernière, après le départ de la N-VA, celui-ci s'est également heurté à un "niet" de la présidente de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten.

Le roi Philippe peut maintenant utiliser la boîte de Dafalgan forte que Bart De Wever lui a prescrite le lendemain des élections.

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