Un Premier ministre francophone? Les Flamands ne seraient pas contre...

Un Francophone au "16"? Une option que les Flamands ne voient pas forcément d'un mauvais oeil: cela obligerait les Francophones à aller au charbon. Mais pas Reynders ou Di Rupo, plutôt Magnette ou (Louis) Michel...

Bruxelles (L'Echo) - "Un Premier ministre francophone ? La Flandre ne l’acceptera jamais." Tel est le discours, quelque peu résigné, que l’on entend le plus souvent dans le sud du pays. Pourtant, à y regarder de plus près, les choses sont nettement plus nuancées.

Dans l’émission radio Peeters & Pichal à la VRT, la question d’un Premier ministre francophone a été soumise aux auditeurs. Certains se disent radicalement opposés à l’idée. D’autres, très nombreux d’ailleurs, n’y voient pas d’inconvénient. A deux conditions toutefois. Que le locataire du "16" daigne se déplacer de temps à autre dans le plat pays et qu’il s’exprime correctement en néerlandais. Le souvenir du parfait unilingue Edmond Leburton, dernier Premier ministre francophone (1973-74), demeure en effet vivace en Flandre.

Certains auditeurs soulignent qu’ils préfèrent entendre le flamand teinté de patois de Brakel (Flandre orientale) pratiqué sans complexe par Rudy Demotte que le "néerlandais artificiel" de la princesse Mathilde. D’autres encore ajoutent qu'il serait bon que ce Premier francophone sache que "Bobbejaan Schoepen est décédé la semaine dernière et que l’on sert du vol au vent aux enfants lors des repas de communion en Flandre".

Mais pourquoi au fond cette absence de veto ? La plupart des justifications partent du constat que le boulot de Premier ministre n’a rien de très enviable et que "ce serait bien qu’un Francophone aille une fois au charbon". Beaucoup se disent curieux de voir comment celui-ci s’y prendra pour sortir le pays du chaos institutionnel.

Un auditeur observe que l’on "parle lentement dans le Limbourg et à Namur, que Anvers et Charleroi se caractérisent par un accent gras". "Alors pourquoi pas un politicien francophone à la tête de tout cela ?" lance-t-il.

Par contre, lorsqu’il s’agit de savoir qui pourrait être cet oiseau rare francophone, les choses se corsent. Les incontournables Elio Di Rupo et Didier Reynders sont très contestés, l’un pour être à la tête d’un parti "clientéliste" et l’autre parce que "peu fiable" dans une négociation communautaire.

Paul Magnette et Louis Michel bénéficient pour leur part d’une bien meilleure cote de confiance. De même, le ministre-président germanophone Karl-Heinz Lambertz semble avoir laissé un excellent souvenir au nord du pays à l’issue de sa mission d’émissaire royal en juillet 2008.

Ce pays serait-il vraiment aussi agonisant qu’on veut nous faire croire ?

J-P. B.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés