Un PS en dégringolade

Les sorties médiatisées duPremier ministre (ici au salon du chocolat) entretiennent sa popularité mais ne rejaillissent pas sur celle de son parti. ©BELGA

Même l’accumulation de sorties médiatisées du Premier ministre ne parvient pas à freiner la chute. Cela permet au MR d’endosser le rôle de challenger qu’il affectionne tant et éclipse les autres partis "installés", qui plafonnent 10% derrière.

Elio n’aura qu’à paraître et ça ira. Longtemps, les socialistes ont imaginé qu’ils pourraient presque se passer d’une campagne électorale au printemps 2014. Les sondages de cette fin de semaine viennent de les ramener à la dure réalité. En Wallonie, l’écart avec le MR serait divisé par trois et à Bruxelles, ils sont toujours au coude à coude, alors que les libéraux ont dû acter la mort de leur cartel avec le FDF…

Les derniers chiffres sont d’autant plus alarmants que, justement, "Elio le sauveur" a multiplié les présences sur le terrain et les sorties médiatiques depuis le début de l’année. Sans aucun effet sur les performances du parti. Sa popularité personnelle demeure impressionnante (plus d’un Francophone sur deux souhaite qu’il rempile comme Premier ministre) mais elle ne déteint plus — en tout cas, plus automatiquement — sur les scores du PS.

Et ça, ça perturbe grandement les esprits, les scénarios du pire s’échafaudent. En 2010, le Parti socialiste avait réalisé un carton plein, la mathématique électorale l’avait aidé à transformer très efficacement ses voix en sièges. Elle peut, cette fois, se retourner contre lui: de petits ressacs peuvent coûter pas mal de mandats. La projection en sièges effectuée par Le Soir sur le dernier sondage donne une perte de cinq députés fédéraux pour le PS. Le parti du Premier ministre serait le seul des Francophones à reculer à la Chambre. On a déjà vu mieux comme symbole…

Mais les chiffres peuvent encore être plus cruels pour Di Rupo. Le recul proviendrait notamment de son fief du Hainaut. Certes, avec 48% et 203.000 voix de préférence, il ne pouvait pas vraiment rêver de nouveaux gains. Certes, la province perd un député (au profit de Bruxelles) ce qui réduit déjà les chances d’y décrocher à nouveau 11 sièges (sur 19 à l’époque). Mais un recul sur ses terres, ça fait mal. Très mal.

Dans le scénario du pire, on observe aussi les adversaires. Et on constate, avec un brin d’étonnement, que les divisions internes ne semblent pas nuire aux réformateurs. Au contraire. "Quand il y a deux camps et qu’il faut se positionner, cela dope le militantisme, les gens s’impliquent", analyse un ministre non-libéral.

Avec un sondage défavorable, les deux camps se seraient rejetés la faute, accentuant les divisions et le déclin. Mais nous sommes dans le scénario inverse: le baromètre indique que le jeu reste toujours bien ouvert — y compris, sait-on jamais, en Wallonie — ce qui mobilise les troupes et incite à remiser les rancœurs. Le PS aura donc un vrai challenger, Didier Reynders et Charles Michel ont gagné leur premier pari (en se concertant?).

Tout ceci ne fait pas les affaires des autres partis qui plafonnent une dizaine de points derrière les deux grands. Plus le scrutin sera présenté comme le match pour la première place, moins le cdH, Ecolo et le FDF seront audibles. Cela peut d’ailleurs s’avérer une précieuse bouée de sauvetage pour le PS.

Les partis de taille moyenne risquent d’être d’autant plus sur la touche que l’émergence des petits partis frappe les esprits. Le PTB et le Parti populaire dépassent le seuil des 5% et peuvent raisonnablement espérer décrocher l’un ou l’autre siège. Ils ont ainsi franchi l’écueil du "vote utile", ce qui peut enclencher une mécanique favorable pour l’un comme pour l’autre.

Ces constats sont posés, maintenant, à la mi-février. Dans cette période "entre deux", où les machines de campagne ne sont pas encore lancées, où les programmes ne sont pas publiés et où l’on se base sur des impressions et des positionnements. Pas encore sur des propositions. Mais qui croit encore que ce sont des propositions et des programmes qui peuvent faire l’élection?

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