Un salarié sur trois n'a pas confiance en son boss

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N’est pas manager qui veut. Hier, il suffisait de donner ses instructions pour que les choses soient faites. Aujourd’hui il faut convaincre, susciter l’adhésion et faire preuve d’empathie au sein de son équipe. Or plus d’un salarié sur trois (35%) estime que son manager ne dispose pas de ces qualités. C’est le résultat d’une enquête réalisée par Securex, consultant en ressources humaines, auprès de 1.500 salariés.

Les managers se surestiment

Si un employé sur trois n’a pas confiance en son manager, ceux-ci ne sont pourtant que 13% à estimer qu’ils n’ont pas les qualités de leadership requises. Cet écart est le plus important lorsqu’il s’agit de communiquer la vision du futur. Alors que 82% des managers croient inspirer leurs troupes avec la vision qu’ils nourrissent du futur, seul la moitié des employés (52%) se disent réellement inspirés. Lorsqu’ils motivent les employés, les managers surestiment aussi leurs propres capacités (86% contre 60%).

L’empathie fait défaut

D’après l’enquête de Securex, 85% des managers disent faire preuve d’empathie, alors que seuls 65% des employés le perçoivent ainsi. Plus de 4 managers sur 5 (82%) affirment connaître la façon dont ils sont perçus, alors que seuls 62% des travailleurs le ressentent ainsi. "Auparavant, on attendait d’un manager qu’il donne des instructions et exerce un contrôle, aujourd’hui, les employés ont surtout besoin de soutien et de reconnaissance", fait remarquer Hermina Van Coillie, experte chez Securex et chargée de cours à l’EHSAL à Bruxelles.

Gare aux stéréotypes

Bien sûr, dans certaines entreprises, on a besoin de plus de structure et de contrôle, dans d’autres moins. "Mais il faut prendre garde à ne pas verser dans les stéréotypes, prévient Hermina Van Coillie. Je ne crois pas trop au cliché de la jeune secrétaire ou de l’ouvrier âgé qui aurait besoin d’être plus cadré." Chez Securex, on observe d’ailleurs très peu de différences tangibles selon les secteurs ou les entreprises concernés. Par contre, l’experte constate que ce sont surtout les temps qui ont changé. "La façon de travailler en entreprise a radicalement évolué. Pour ceux qui ont commencé il y a trente ou quarante ans, le contrôle par un supérieur hiérarchique allait de soi. Aujourd’hui, les gens travaillent souvent à distance, ce qui implique de devoir faire confiance un minimum."

Impact sur l’absentéisme

Un leadership approprié réduit l’absentéisme. L’enquête de Securex montre en effet que les employés qui travaillent pour un mauvais manager sont plus souvent absents pendant de longues périodes que ceux qui travaillent en symbiose avec leur manager (14% contre 7%). Ils ont également un plus grand besoin de récupérer après une journée de travail (65% contre 39%). Sans surprise, ils sont deux fois plus sujets au burn-out et sont deux fois plus nombreux à vouloir changer d’employeur à court terme (16% contre 8%).

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