Un scénario d'urgence sur la table pour éviter les élections

A la demande de Koen Geens, Sophie Wilmès cherche une majorité pour ficeler un budget. La Vivaldi?

La Première ministre Sophie Wilmès cherche discrètement à obtenir un soutien pour un budget d'urgence à la demande du chargé de mission royal Koen Geens.

La Première ministre Sophie Wilmès (MR) explore discrètement les possibilités de soutien politique pour éviter de nouveaux dérapages budgétaires. Un effort de 1,5 à 2 milliards d'euros est nécessaire, selon les informations du Tijd.

Le porte-parole de la Première ministre ne veut pas faire de commentaires. Mais presque tous les partis confirment que des discussions discrètes sont en cours pour éviter de nouveaux dérapages budgétaires. Pour ne pas faire pire que le déficit budgétaire de 1,8% du PIB (9 milliards d'euros) de 2019, un effort de quelque 1,5 milliard d'euros est nécessaire.

Cela frustre les verts d'être autorisés à aider le gouvernement en affaires courantes, mais qu'aucun effort ne soit consenti pour former une coalition Vivaldi.

Si le gouvernement Wilmès veut faire un peu mieux, il doit trouver 2 milliards d'euros. Il n'y a encore rien de concret sur la table, mais Sophie Wilmès y travaille à la demande du chargé de mission royal Koen Geens (CD&V).

Discussions avec tous les partis

Les scénarios d'urgence pour le budget sont conçus comme un "dernier recours" pour éviter les élections. Le gouvernement, ayant reçu le soutien du Parlement pour le budget, pourrait ensuite continuer à travailler pendant quelques mois encore.

Des discussions sont en cours avec tous les partis, y compris la N-VA. Pour rappel, même avec le soutien de la N-VA, le gouvernement (MR, Open Vld, CD&V) n'a plus de majorité. La coalition suédoise a perdu sa majorité le 26 mai. Le gouvernement Wilmès doit donc chercher à obtenir le soutien des verts et des socialistes.

Frustration d'Ecolo

Presque toutes les propositions que le Parlement approuve ces derniers temps reposent sur une majorité violette-verte. Cela frustre les Verts d'être autorisés à aider le gouvernement en affaires courantes, mais qu'aucun effort ne soit consenti pour former une coalition Vivaldi avec les socialistes, les libéraux, les verts et les démocrates chrétiens à partir de cette coalition violette-vert.

La question est de savoir quel prix le gouvernement actuel devra payer dans les affaires courantes pour le soutien des socialistes et des verts afin d'établir un budget d'urgence.

Le scénario d'urgence sur lequel on travaille est une variante de l'urgence ou du gouvernement temporaire dont Paul Magnette (PS) s'est fait l'écho peu après les élections du 26 mai. L'ancien Premier ministre Charles Michel (MR) avait un tel scénario à l'esprit lorsqu'il a voulu relancer son gouvernement après le départ de la N-VA.

Charles Michel voulait continuer son gouvernement minoritaire avec le soutien des socialistes et des verts au Parlement, mais la présidente de l'Open Vld, Gwendolyn Rutten avait rendu cela impossible.

La question est de savoir quel prix le gouvernement actuel devra payer dans les affaires courantes pour le soutien des socialistes et des verts afin d'établir un budget d'urgence.

"Pour cela, il faut une majorité"

"Il est normal que la Première ministre ait des contacts discrets pour avancer sur le budget et examiner ce qu’il est possible de faire ou pas. Mais je rappelle que pour élaborer un budget, il faut une majorité au Parlement, ce dont on ne dispose pas. Le MR se montre constructif mais ne peut agir seul…", a réagi le vice-Premier ministre et ministre du Budget David Clarinval.

Tremplin vers une coalition Vivaldi?

Le fait que ces plans refassent surface aujourd'hui éveille les soupçons. Un budget d'urgence avec le soutien d'une alliance Vivaldi peut servir de moyen ultime pour éviter des élections dont personne ne veut, sauf le Vlaams Belang. Mais en même temps, elle peut être un tremplin vers une coalition Vivaldi, comme Paul Magnette l'avait en tête.

Du mal à vous retrouver dans toutes les coalitions possibles ou imaginées au Fédéral? 

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Ce dernier a déjà indiqué que le tax-shift est la cause des difficultés budgétaires majeures et semble vouloir y revenir. Par exemple, les socialistes veulent annuler la poursuite du déploiement de la réforme de l'impôt sur les sociétés. Cela risque d'être difficile pour les libéraux et le CD&V, qui hésitent à voir les réalisations suédoises remises en cause.

Chaque scénario s'enlise rapidement, avec pour résultat que près de neuf mois après les élections, il n'y a toujours pas de gouvernement fédéral.  

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