Un site militaire de Glons retenu pour accueillir la nouvelle prison liégeoise

Le site inoccupé, éloigné de tout riverain, est proche de la sortie d’autoroute de Boirs (E313), d’un arrêt de bus et est situé à moins de 2 kilomètres de la gare de Glons.

Depuis des années, le dossier de la nouvelle prison liégeoise traine dans les arcanes politiques. Mais, vu l’état de délabrement et de saturation des murs de Lantin, il devrait refaire surface rapidement.

Sur la nouvelle maison d’arrêt liégeoise et sa localisation, on a tout dit et son contraire depuis trois ans. On a d’abord parlé de rénover l’existante, à Lantin (Juprelle), dans un état de délabrement avancé 40 ans après son ouverture. Mais depuis mai 2016 déjà, le gouvernement fédéral a officiellement renoncé à ce scénario en décidant de raser tout bonnement la partie du site la plus délabrée.

Les dernières informations glanées sur ce dossier épineux doivent encore être validées aux plus hauts niveaux: Inspection des Finances, tutelle politique, secrétaire d’État au Budget et, finalement, Conseil des ministres. Mais il se confirme à bonne source que c’est encore et toujours un terrain de la Défense situé à Glons (Bassenge) qui tient la corde pour accueillir la nouvelle prison liégeoise en lieu et place de celle de Lantin.

Retour vers le futur

Les trois sites liégeois retenus lors de la prospection de 2018.

Petit rappel. Pour garantir une bonne collaboration avec les autorités et services locaux, SPF Justice et Régie des bâtiments avaient lancé, courant 2018, une prospection provinciale étendue en concertation avec Liège Métropole et la SPI, l’Agence de développement de la Province de Liège. 

Le site offre une localisation et une superficie idéales pour y installer la future infrastructure carcérale.

Au final, c’est l'ancienne base militaire du radar à Glons qui semblait – et semble toujours – avoir suscité l’adhésion de toutes les parties prenantes. Base militaire désaffectée depuis 2019 déjà – et donc propriété de l’État fédéral (Défense), le site offre en effet une localisation et une superficie idéales pour y installer la future infrastructure carcérale. Parmi les arguments en faveur du site, les porteurs du dossier indiquent que cette option permet de perdre le moins de temps possible pour introduire les demandes de permis et entamer le chantier. "Le site inoccupé est éloigné de tout riverain. Il est en zone bleue (équipements communautaires) au Plan de Secteur. Enfin, il est proche de la sortie d’autoroute de Boirs (E313)", nous confiait, en 2019 déjà, Laurent Vrijdaghs, l’administrateur général de la Régie des bâtiments.

Les voies de communication à proximité du site du radar de Glons.

Pour rappel, le SPF Justice demande à pouvoir installer sur le site liégeois retenu une maison de peine dont la capacité sera portée de 312 à 450 places, à l’instar de la nouvelle prison de Dendermonde. Il est également prévu d’intégrer sur le site visé une section spécifique dédiée aux femmes. Le domaine concerné offre une superficie totale de 18,5 hectares; mais une grosse moitié seulement devrait être monopolisée par la future prison et ses abords sécurisés.

La piste de la construction d’une nouvelle infrastructure de 312 places sur le terrain jouxtant l’actuelle prison de Lantin est donc définitivement mise de côté.

La piste de la construction d’une nouvelle infrastructure de 312 places sur le terrain jouxtant l’actuelle prison de Lantin est donc définitivement mise de côté. Les murs les plus fonctionnels du site actuel devraient devenir une simple maison d’arrêt où seraient incarcérées les personnes inculpées avant jugement. La tour, en état de délabrement trop avancé, serait totalement rasée.

"Pas de reconversion, pas de prison!"

De son côté, la bourgmestre de Bassenge, commune sur laquelle se trouve le site militaire du radar, nie catégoriquement avoir approuvé une note d’intention validant ce foncier pour y réaliser un nouvel établissement carcéral en province de Liège.

"En 2019, rappelle Valérie Hiance (cdH), lorsque l’asbl Liège Métropole a été sollicitée par le Gouvernement fédéral pour établir une liste de sites potentiels pour la construction d’une nouvelle prison, le site du radar de Glons a bien été proposé, au même titre que le site d’autres sites dont Carmeuse à Liège. Mais dès les premiers contacts avec les instances fédérales, la commune de Bassenge a tenu à établir une série de balises, de garanties et de compensations qu’elle souhaitait absolument voir rencontrer avant d’envisager d’aller plus loin dans les discussions", précise-t-elle.

A cette fin, la SPI, en charge du développement économique en province de Liège, avait d’ailleurs été chargée de proposer une reconversion complète du site de 18 hectares visé afin d’éviter à tout prix que les bâtiments existants ne deviennent un véritable chancre. Un plan de développement de l’offre de mobilité, notamment au travers de la dynamisation de la gare de Glons et du réseau TEC, devait également être étudié.

"Or, depuis lors, plus aucun contact n’a été établi entre la commune de Bassenge et les autorités fédérales. Et aucune déclaration d’intention n’a été signée à ce stade, contrairement à ce qui a pu être prétendu ailleurs", insiste Valérie Hiance, qui tient à rassurer la population locale: aucun projet ne verra le jour à Glons tant que les garanties imposées par le Collège communal ne seront pas rencontrées.

Syndrome de Haren

À ce stade, selon nos sources, une déclaration d’intention de reprise du site de la Défense à Glons par la Régie des bâtiments aurait été établie en concertation avec la commune de Bassenge et les autorités de Liège Métropole. Une information que nie catégoriquement la bourgmestre locale, Valérie Hiace (lire encadré). Cette déclaration doit à présent être validée – sans plus tarder, on l’espère – par les autorités fédérales de tutelle et le Conseil des ministres. Ce n’est qu’alors que la Régie des Bâtiments pourra lancer le projet de construction des nouvelles infrastructures sur le site retenu, où le sort des bâtiments existants doit encore être précisé.

Reste à espérer que ce dossier prendra moins de temps que celui de la construction de la prison bruxelloise de Haren, attendue depuis plus de 10 ans.

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