Un socialiste Premier ministre? "Légitime", selon Di Rupo

Le ministre-président wallon Elio Di Rupo. ©Photo News

Les négociateurs des partis de la "Vivaldi" ont repris leurs travaux. Selon Elio Di Rupo, il serait légitime que les socialistes fournissent le Premier ministre.

Les négociateurs des sept partis de la "Vivaldi" ont repris leurs travaux ce dimanche au Palais d'Egmont, à Bruxelles. Leur espoir reste de conclure un accord gouvernemental pour ce lundi, jour où les formateurs Paul Magnette (PS) et Alexander De Croo (Open Vld) doivent faire rapport au Roi.

 Samedi, les présidents de partis et leurs équipes de négociation ont travaillé toute la journée et jusque minuit (lire ci-dessous) sur les thèmes de la justice et la sécurité, l'asile et la migration, le marché du travail et les pensions.  Ce dimanche, ils rediscutent à nouveau des pensions, ainsi que du renouveau politique et - non le moindre détail - du budget. Ils devront encore s'entendre sur une répartition des compétences entre partis et sur l'identité du Premier ministre. Cette discussion pourrait n'être abordée que dans la nuit de dimanche à lundi.

Le ministre-président wallon Elio Di Rupo estime qu'il ne serait pas illégitime que le Parti socialiste demande le poste de Premier ministre, vu que la famille socialiste est la première du pays. Dans une interview à RTL-TVi, en marge de la Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Montois déclare: "Si l'on regarde l'histoire du pays, il y a eu tellement de Premiers ministres néerlandophones que ce n'est quand même pas excessif" de le demander. "En tout cas, ce n'est pas illégitime de le demander."

A la question de savoir si le PS réclamait effectivement le 16, rue de la Loi, "ça c'est encore autre chose", nuance M. Di Rupo. "Je dis simplement que ce n'est pas illégitime de le demander. La famille socialiste est en effet la première famille politique du pays, du Parlement. Ce serait normal."

Manifestation du Vlaams Belang ce dimanche au Heysel. ©BELGA

Par ailleurs, dimanche matin, le Vlaams Belang (extrême-droite) a organisé un rassemblement automobile (covid oblige) pour manifester sa désaprobation à l'encontre de la "Vivaldi". Cette manifestation s'est tenue aux abords de Bruxelles, sur le parking C du Heysel, situé sur le territoire de Grimbergen. La commune brabançonne flamande a en effet autorisé la manifestation, tandis que l'encadrement a été assuré par la police de Bruxelles.

Cette manifestation a été dénoncée par la coalition contre l'extrême-droite et le fascisme Stand-Up alors que "la marche 'Oostende tegen racisme' (Ostende contre le racisme, NDLR), prévue le même jour, a été interdite", a déploré Stand-Up dans un communiqué.

"Fluide et constructif"

Samedi, figuraient au menu de ce troisième jour de négociation entre familles socialiste, libérale, écologiste et le CD&V (coalition "Vivaldi") la justice, la sécurité, l'asile et la migration, le marché du travail, les pensions ainsi que le budget et la fiscalité, a-t-on appris à diverses sources. Dans une atmsophère "fluide et constructive", a-t-on encore entendu.

Dans une ambiance qualifiée de "très studieuse", ces "tout gros dossiers" ont emmené les négociateurs loin dans la nuit de samedi à dimanche.

Ce dimanche, les négociateurs discutent à nouveau des pensions mais aussi de l'épineux dossier du budget. Les modalités de la pension minimale à 1.500 euros (net ou brut?), ne pouvaient être affinées qu'avec les ultimes discussions budgétaires. Selon la RTBF, le congé de naissance devrait en outre doubler, de 10 à 20 jours, pour une enveloppe budgétaire d'environ 70 millions par an. Viendra ensuite - peut-être pour la nuit de dimanche à lundi - le casting, avec la question du Premier ministre.

Sophie Wilmès vice-Première?

L'espoir serait d'atterrir lundi matin. Les co-formateurs Alexander De Croo (Open Vld) et Paul Magnette (PS) sont en effet attendus ce jour-là au Palais royal pour faire rapport au chef de l'État. Qui, peut-être, désignerait alors un Premier ministre. A propos du casting, la cheffe du gouvernement actuel, Sophie Wilmès, a confié samedi matin à la VRT qu'elle sera probablement la vice-Première ministre MR du prochain exécutif fédéral. "Ce sont mes derniers jours ici (au 16 rue de la Loi, NDLR)", dit-elle. "Enfin, probablement, car en Belgique, on ne sait jamais."

©BELGA

A la question de savoir si c'est un poste de vice-Première qui l'attend, la libérale répond de la même manière. "Probablement, oui. Je n'ai pas l'intention de mettre un terme à mon engagement politique. Les mois derniers ont été très difficiles. Ce ne serait pas négatif de prendre un peu de distance et de réfléchir au futur", ajoute-t-elle.

Pour rappel, l'heptapartite Vivaldi s'est engagée dans une course contre-la-montre pour présenter une déclaration gouvernementale jeudi prochain, 1er octobre, devant les députés, qui se réuniront pour l'occasion au Parlement européen, un hémicycle plus spacieux permettant de respecter les distances sanitaires. Les congrès de parti pourraient se tenir mercredi. On ignore encore sous quelle forme, en ces temps de coronavirus.

"Des signes de renoncements inquiétants", selon DéFI

Samedi, le président de DéFI François De Smet a déclaré que son parti tendrait la main pour améliorer ce qui lui paraît devoir l'être dans les initiatives du futur gouvernement. "Il combattra ce qui mettra en danger la stabilité du pays, la santé des citoyens et de l'économie."

Devant les militants de sa formation participant, à Wavre, à l'université d'été du parti amarante, il n'a pas masqué son inquiétude au sujet des premiers signaux de l'accord en gestation. "Désormais, les dossiers éthiques reviendront sous la coupe du gouvernement. Comment comprendre que le PS et Ecolo, notamment, aient accepté d'enterrer la réforme assouplissant la loi sur l'IVG élaborée après des années de travail et d'auditions et qui disposait d'une majorité à la Chambre. Accepter cet encommissionnement, c'est donner raison à la flibuste organisée par le CD&V, la N-VA et le Vlaams Belang et dire à ces partis que la piraterie paie", a-t-il critiqué.

"La Vivaldi ressemble surtout à une valse des égos, et pour l'instant on voit surtout ce qu'ils n'ont pas: pas de capitaine, pas de budget, et pas vraiment d'envie."
François De Smet
Président de DéFI

L'autre inquiétude du président de DéFI concerne la perspective d'une réforme de l'Etat, notamment dans le domaine de la santé. Celle-ci risque fort, sous l'impulsion du CD&V, de ne pas se faire sur le critère de l'efficacité demandé par les Démocrates Fédéralistes Indépendants. A ce propos, François De Smet a réclamé à la Vivaldi de ne plus procéder à une quelconque réforme de l'état, sans attendre les conclusions des commissions qui se penchent sur la gestion de la pandémie de Covid, et sans avoir consulté des acteurs concernés dans le domaine de la santé: hôpitaux, médecins généralistes, infirmiers à domicile, mutuelles.

"Mais surtout, ce qui fait peur, c'est l'attitude de certains partenaires, qui semblent privilégier la course aux postes, et qui négligent, je pense, la colère et la lassitude de la population… La Vivaldi ressemble surtout à une valse des égos, et pour l'instant on voit surtout ce qu'ils n'ont pas: pas de capitaine, pas de budget, et pas vraiment d'envie", a-t-il enfin dit à ce sujet.

De Wever inquiet pour l'épargnant flamand

DéFI ne souhaite pas pour autant l'échec de la formation d'un gouvernement. "Même imparfait, il faut un gouvernement pour affronter cette période. Si cette majorité échoue parce qu'elle ne parvient pas à se mettre d'accord sur un Premier ministre, c'est toute la classe politique qui se déshonorera, et ce au pire moment. Nous tendrons la main pour améliorer ce qui nous paraîtra devoir l'être, et nous combattrons ce qui mettra en danger la stabilité de notre pays et la santé de nos concitoyens et de notre économie", a-t-il conclu.

Au nord du pays, le président de la N-VA Bart De Wever a répété ce dimanche ses faveurs pour un changement de système électoral en Belgique afin de passer du mode proportionnel actuel à un mode majoritaire qui favoriserait l'émergence de deux grands blocs politiques au nord et au sud du pays.

M. De Wever a porté, sur le plateau du Zevende Dag (VRT) une nouvelle charge contre cette coalition "Vivaldi". Il voit dans le programme gouvernemental en gestation "une fête pour la cigale et une catastrophe pour la fourmi", qui est à ses yeux "l'épargnant flamand".

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