Un trio remplace les socialistes dans l'impasse fédérale

Egbert Lachaert (Open Vld), Joachim Coens (CD&V) et Georges-Louis Bouchez (MR) vont jouer les démineurs. ©Photo News

La proposition de gouvernement minoritaire de la famille socialiste est contrecarrée par une nouvelle initiative des trois partis du gouvernement Wilmès: le MR, l'Open Vld et le CD&V.

L'épisode "gouvernement minoritaire" basé sur une coalition composée des trois familles politiques traditionnelles et prônée par les présidents du PS et du sp.a n'aura vécu que quelques heures. Ce mercredi, les trois formations du gouvernement Wilmès II ont décidé de reprendre la main sans attendre. Georges-Louis Bouchez président du MR, Egbert Lachaert et Joachim Coens, ses homologues de l'Open Vld et du CD&V, entament à trois un nouveau round exploratoire en vue de former un gouvernement. Le deal fut plié lors d'une réunion convoquée par la Première ministre au 16 rue de la Loi mercredi midi.

"Personne n'est dupe et personne n'est tombé dans le panneau."
Une source libérale

Dès le matin, le MR avait donné le ton. "Je l'ai clairement dit, ça (un gouvernement minoritaire) ne peut pas être un premier choix", redisait Georges-Louis Bouchez sur LN24. Même s'il n'excluait pas non plus l'option portée par les socialistes: "Si on nous démontre que rien d'autre n'est possible, et à mon sens cette démonstration n'est pas réalisée pour le moment, on peut envisager cette option, car il faudra quand même faire avancer le pays".

"Si quelqu'un peut faire mieux..."

Le Montois conteste l'idée du président du PS Paul Magnette, selon laquelle l'option minoritaire est la seule qui subsiste à moins de retourner aux urnes. On le rappelle, la tripartite minoritaire de Magnette/Rousseau associe PS, sp.a, MR, Open Vld et cdH, six partis qui ne pèsent ensemble que 71 sièges sur 150. Si une abstention à la Chambre aurait suffit à installer une telle équipe, celle-ci aurait dû négocier au coup par coup le vote de chacun de ses projets avec la N-VA et/ou la famille écologiste. Inconfortable, la formule peut se révéler inefficace alors qu'une stratégie de relance dynamique s'impose. "Si quelqu'un peut faire mieux, qu'il essaye", défiait Paul Magnette mardi. 

Si Magnette et Rousseau avaient annoncé partir du fond, ils se sont bien heurtés à la question de la coalition.

Chez les socialistes, on insiste. TOUTES les formules majoritaires ont été testées sans succès. Chacune est barrée par l'exclusive d'au moins un parti qui lui est indispensable. "Ce n'est qu'un leurre", analyse un libéral pour qui le PS habille tout simplement son échec et sa volonté de refiler la patate chaude dans le camp de la Première ministre. "Personne n'est dupe et personne n'est tombé dans le panneau", indique une source. L'entrée en piste du trio MR, Open Vld, CD&V dispense les partis traditionnels de répondre à la proposition de Magnette et Rousseau et doit remettre la N-VA, discrète ces derniers jours, dans le jeu. 

Quant à la note des présidents du PS et du sp.a, plus personne n'en parle. À bonne source, on apprend que le PS avait conditionné sa communication aux autres partis au fait que Sophie Wilmès accepte une mission d'information. À l'évidence, il n'était de toute façon pas question pour le MR de brûler sa cartouche Wilmès.

Impraticable sans le CD&V

La question est maintenant de savoir si Bouchez, Lachaert et Coens seront en mesure de faire mieux que leurs nombreux prédécesseurs. Si Magnette et Rousseau avaient annoncé partir du fond, ils se sont bien heurtés à la question de la coalition qui reste centrale dans cette impasse qui dure depuis les élections. 

Manifestement, le PS, incontournable côté francophone, n'est pas en mesure de se mettre à table avec la N-VA. À l'interne, la division sur cette question est toujours patente. Une situation qui n'est pas sans risque pour le président Magnette dont la marge de manoeuvre semble mince

Prochaine étape: le momentum du 26 juin qui marquera la fin des pouvoirs spéciaux de Wilmès II.

Plusieurs coalitions avec la N-VA sont envisageables, mais sont bloquées par cette impossibilité. Quant aux coalitions sans elle, elles sont principalement fragilisées par le CD&V qui ne veut pas monter sans les nationalistes. Et les configurations sans le CD&V semblent impraticables. Quant aux coalitions de type "union nationale", elles ne suscitent que peu d'enthousiasme. Bref, il faudrait qu'un parti lève une exclusive pour décoincer la situation. La peur d'un scrutin anticipé sans plan de relance à moyen terme pourrait faire office d'adjuvant. 

Prochaine étape: le momentum du 26 juin qui marquera la fin des pouvoirs spéciaux de Wilmès II et le retour des affaires courantes. Ensuite? Une période d'un peu plus de trois semaines avant la date symbolique du 21 juillet qui peut encore permettre des rapprochements. Qui vivra verra.  

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