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Une approbation syndicale arrachée de haute lutte

À la FGTB, le camp du "oui" pour l'accord social l'a emporté avec seulement 49,06% des voix, contre 49,01% en faveur du "non". ©Photo News

Les syndicats ont donné leur feu vert au projet d'accord social négocié avec le banc patronal. À la FGTB, le résultat historiquement serré laisse transparaître une fracture communautaire.

Les trois organisations syndicales ont approuvé, ce mardi, le projet d'accord social conclu au début du mois avec les représentants des employeurs.

Ce compromis, qui prévoit notamment un relèvement progressif du salaire minimum et la possibilité pour les patrons de faire prester des heures supplémentaires avantageuses fiscalement, pourra donc être mis en œuvre intégralement.

Sur le fil du rasoir

À la FGTB, traditionnellement la plus rebelle des organisations syndicales, le résultat du scrutin a été historiquement serré. Après un décompte aux allures de thriller, c'est finalement le camp du "oui" qui l'a emporté avec 49,06% des voix, contre 49,01% en faveur du "non"

49,06%
Des votants
À la FGTB, les voix en faveur du "oui" l'ont emporté avec 49,06% des suffrages, contre 49,01% en faveur du "non"

Avec cet écart infime - 0,05 point de % -, d'aucuns craignent que cette approbation ne s'assimile à une victoire à la Pyrrhus pour le syndicat socialiste. Au-delà des Métallos (MWB), qui avaient rapidement signifié qu'ils s'opposeraient à un texte bien "trop déséquilibré", la CGSP et la Centrale générale ont rudement contesté le deal en interne ces dernières semaines, a-t-on appris.

Outre des concessions jugées bien trop importantes sur les heures supplémentaires, les militants récalcitrants fustigeaient la mise à contribution élevée des moyens publics pour rehausser le salaire minimum. "C'est la collectivité qui paye, tandis que le patronat s'en tire à bon compte", lâche un détracteur du texte avalisé.

Fracture communautaire

Pour Thierry Bodson, le président de la FGTB, ce résultat "très mitigé" n'est probablement pas le scénario rêvé. D'autant qu'il révèle une potentielle fracture communautaire. Selon nos sources, environ 80% des militants wallons se sont en effet exprimés contre le projet d'accord, qui ne doit son salut qu'aux membres flamands et bruxellois du syndicat. Pour le PS, qui siège au gouvernement et compte beaucoup de ses électeurs parmi les militants récalcitrants, il y a probablement de quoi s'inquiéter...

"Se positionner fut pour beaucoup de militants un choix cornélien."
Thierry Bodson
Président de la FGTB

Refusant de se prononcer sur d'éventuels impacts politiques, Bodson se veut toutefois rassurant quant au climat au sein de son organisation. "Une fois le vote achevé, ceux qui s'opposaient au projet ont accepté de soutenir la position commune, et ce sans aucune animosité. Par ailleurs, se positionner fut pour beaucoup de militants un choix cornélien. Entre le oui et le non, la frontière était souvent aussi fine que du papier de cigarette. Quant aux différences régionales, elles peuvent en partie s'expliquer par des sensibilités différentes", estime-t-il.

L'une de nos sources va plus loin dans ce raisonnement, assurant que le compromis avalisé était clairement plus adapté à la réalité de la Flandre, et à son faible taux de chômage, qu'à la situation wallonne. "En termes purement économiques, faire prester des heures supplémentaires pour contrecarrer des pénuries peut se justifier, mais cela ne conduira pas à la création de nouveaux emplois. Or, c'est précisément ce que veulent les Wallons aujourd'hui", illustre-t-elle.

La norme reste dans toutes les têtes

Au-delà des points de l'accord social, un autre élément a visiblement pesé lourd dans le choix des militants. "La marge salariale de 0, 4% qui sera imposée par le gouvernement, demeure une pierre d’achoppement importante", reconnaît le président de la FGTB.

"Le combat pour faire modifier la loi de 1996 sur la compétitivité continue."
Mario Coppens
Président de la CGSLB

Cette fameuse norme, elle a aussi influencé les votes dans les deux autres syndicats. À la CSC, elle constituerait d'ailleurs l'un des éléments explicatifs de la majorité d'à peine 58,68% qui s'est dégagée en faveur de l'accord.

Même à la CGSLB, qui a validé le projet avec une majorité de 88%, on rappelait d'ailleurs que "le combat pour faire modifier la loi de 1996 sur la compétitivité continue".

Le résumé

  • Les trois organisations syndicales ont approuvé le projet d'accord social conclu début juin avec le banc patronal.
  • À la FGTB, les partisans du "oui" l'ont emporté avec seulement 0,05 point de % d'avance. Les Wallons ont été plus de 80% à voter contre l'accord, qui fut in fine sauvé par les militants bruxellois et flamands.
  • À la CSC, une majorité de 58% s'est dégagée en faveur du compromis, tandis qu'elle fut de 88% à la CGSLB.

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