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Une baisse de la TVA dans l'horeca, y compris sur l'alcool

Cafés et restaurants pourront rouvrir leurs terrasses le 8 mai. Ce sera avec une TVA à 6%, sur les repas comme sur les boissons. ©Photo News

Une réduction de la TVA va être introduite pour soutenir l'horeca. Jusque fin septembre, une taxe de 6% seulement s'appliquera aux repas comme aux boissons.

Si les chiffres des hospitalisations le permettent, les cafés et les restaurants pourront à nouveau recevoir leurs clients en terrasse à partir du 8 mai. Le redémarrage complet du secteur de la restauration est prévu pour juin. Pour soutenir les propriétaires de cafés et les restaurateurs, le kern a donné mercredi son feu vert à une réduction temporaire de la TVA.

835
millions €
Le montant total des nouvelles mesures d'aides fédérales se monte à 835 millions.

Une TVA qui est normalement de 12% sur les repas et de 21% sur les boissons. Pour les cafés et les restaurants qui rouvrent, et jusqu'à fin septembre, ce sera 6%. De quoi encourager les clients à dépenser plus ou aider les restaurateurs à réaliser une marge plus confortable, après des mois d'arrêt.

Une mesure similaire avait été introduite lors du redémarrage qui avait suivi le premier confinement. À l'époque toutefois, la réduction de la TVA ne s'appliquait pas aux boissons alcoolisées, ce qui est désormais le cas.

Un train de mesures pour 835 millions

Cette baisse de la TVA n'est pas la seule décision prise par le kern. Les nouvelles aides décidées représentent un paquet de 835 millions, a expliqué le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) en commission de l'Intérieur à la Chambre.

Le secteur de l'Horeca sera exonéré, cette année, du paiement du pécule de vacances, qui sera pris en charge par le Fédéral - un soutien de 110 millions d'euros. Il bénéficiera aussi, pour le mois de mai, du double droit passerelle, malgré la réouverture des terrasses.

Il y aura aussi un coup de pouce à toutes les entreprises qui reprennent des salariés mis au chômage temporaire ou embauchent de nouveaux salariés, via une réduction forfaitaire des cotisations ONSS, qui sera plus importante pour les entreprises qui ont été gravement impactées ou ont dû fermer en raison du coronavirus.

Durant le troisième trimestre, le travail étudiant dans l'horeca, l'événementiel et la culture ne sera pas pris en compte dans le quota annuel des étudiants, ce qui devrait offrir aux secteurs en redémarrage davantage de souplesse.

Enfin, le gouvernement fédéral a également pris des mesures pour ceux qui se sont retrouvés au chômage durant la crise du coronavirus. Premièrement, 12 mois seront décomptabilisés de la période d'attente donnant accès aux allocations de chômage. Ensuite, les chômeurs temporaires qui auront accepté un emploi moins bien rémunéré ne seront pas pénalisés s'ils se retrouvent à nouveau au chômage. Troisièmement, la prime pour les chômeurs temporaires de longue durée prévue pour les secteurs fermés sera étendue aux métiers de contact non médicaux, comme les coiffeurs.

Une mesure insuffisamment ciblée

La baisse de la TVA représente un poste substantiel dans ce train de mesures. "Selon les estimations des fédérations, on parle de 600 millions d'euros de recettes en moins en année pleine pour la réduction de la TVA à 6% dans l'horeca, hors alcool", avait chiffré Denis Ducarme (MR), partisan de la mesure, qui ajoutait que ne rien faire coûterait plus cher. "Une note interne au gouvernement parlait de pertes de recettes de 1,4 milliard d'euros pour l'État si on ne soutenait pas l'horeca."

"Ce n'est pas une mesure qui va faciliter le redémarrage, c'est une mesure qui va donner un effet multiplicateur aux profits des entreprises."
Étienne de Callataÿ
Économiste

Un raisonnement que ne partagent pas tous les économistes. "D'évidence, cela ne va pas conduire à une baisse des prix. Et je me méfie des mesures globales qui vont profiter aux restaurants dépendant de grands groupes qui ont sans doute les moyens comme aux petits restaurateurs qui peinent à faire face à tous les paiements retardés. J'aurais préféré des mesures plus ciblées", réagit Philippe Defeyt.

Étienne de Callataÿ est encore plus critique et parle de "bêtise de taille". "Ce n'est pas une mesure qui va faciliter le redémarrage, c'est une mesure qui va donner un effet multiplicateur aux profits des entreprises. Celui qui redémarre rapidement en profitera au maximum, tandis que celui qui est situé à proximité d'un immeuble de bureau déserté ou d'une salle de spectacles fermée ne sera pas aidé. Et le fait que l'alcool soit également concerné est profondément choquant. Sur le plan social, d'abord. Le t-shirt de chez Zeeman est taxé à 21%, l'alcool dans un restaurant à 6%. Sur le plan sanitaire, ensuite. Est-ce vraiment le moment d'inciter à boire de l'alcool?"

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