Une lueur d'espoir pour la concertation sociale

Danny Van Assche (Unizo) et Miranda Ulens (FGTB), deux membres du Groupe des Dix. ©BELGA

Employeurs et syndicats ont examiné la proposition de médiation du gouvernement sur l'accord salarial. Si leur échec sur la norme semble acté, le dialogue se poursuit sur d'autres dossiers.

"Ça ne durera pas plus de dix minutes!", voilà comment la réunion du Groupe des Dix (G10) prévue ce mercredi nous avait été préfacée par un observateur attentif de la concertation sociale. À l'entendre, les chances de parvenir à rapprocher les points de vue des patrons et des syndicats sur les sujets au menu de l'accord interprofessionnel (AIP) étaient infimes.

"Une toute petite lueur d'espoir est apparue."
Un participant à la réunion du G10

Et pourtant, après environ trois heures de discussions, il y a vraisemblablement eu du progrès... Du moins, personne n'est parti en claquant la porte, ce qui, vu le climat ambiant, peut déjà s'assimiler à une victoire. "Une toute petite lueur d'espoir est apparue. Nous soufflons sur les braises, nous remettons du petit bois, mais nous devons prendre garde: à la moindre goutte de pluie, c'est mort", résumait joliment l'un des participants à cette réunion.

Discrétion absolue

Rembobinons un peu. Officiellement, patrons et syndicats devaient s'entretenir ce jour pour se pencher sur la proposition de médiation relative à l'accord salarial qui leur a été présentée en détail lundi par le gouvernement. Rappelons que celle-ci prévoit de fixer le plafond d'évolution des salaires à 0,4% pour les deux prochaines années, tout en offrant la possibilité aux entreprises qui ont connu de bons résultats d'octroyer une prime corona à leurs travailleurs. Malgré la déception syndicale quant à son contenu, ce volet de la proposition ne devrait plus faire l'objet de discussions. "On risquerait de perdre du temps et pas mal de salive en rouvrant ce chapitre", nous confiait une source au sein du G10.

0,4%
Norme salariale
Le gouvernement propose de fixer le plafond d'augmentation des salaires pour 2021 et 2022 à 0,4%, hors indexation.

Au-delà de la question salariale, les partenaires sociaux ont toutefois été invités à se pencher sur quatre autres dossiers par la Vivaldi: la revalorisation du salaire minimum, les fins de carrière, l'harmonisation du deuxième pilier de pensions, et enfin les heures supplémentaires.

Le dialogue se poursuivra

Du côté des représentants des travailleurs, on espérait visiblement décrocher des engagements du banc patronal quant à une trajectoire de revalorisation des plus bas salaires, ou encore la possibilité de discuter d'une prolongation du chômage avec complément d'entreprise, RCC pour les initiés. Ont-ils obtenu satisfaction? Impossible à dire. Nos interlocuteurs syndicaux se sont refusés à tout commentaire afin de donner toutes les chances à la négociation.

Même son de cloche à la FEB, où l'on apprendra tout au plus que l'ensemble des dossiers ont été abordés dans une ambiance "constructive". Si l'heure n'est pas à l'euphorie, le silence radio respecté par l'ensemble des interlocuteurs sociaux et la perspective d'une nouvelle réunion sont plutôt de bons signes. Suite et pas fin donc pour le feuilleton de l'AIP...

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