Une nouvelle norme pour être militairement crédible...

©BELGA

Le gouvernement doit décider, lors du Kern de ce soir, de la nouvelle norme des dépenses en matière militaire. Le Premier ministre Charles Michel va proposer de consacrer 1,3% du PIB à la Défense en 2030. Un effort budgétaire qui doit permettre à la Belgique de recoller au train des "grosses" nations de l’Otan.

Back on track. La proposition soumise ce mercredi soir à l’assentiment des partis de la coalition par le Premier ministre Charles Michel et son ministre de la Défense Steven Vandeput lors d’un Conseil des ministres restreint est destinée à remettre la Belgique sur la carte des pays "crédibles" au sein de l’Otan – entre autres en matière de dépenses militaires.

0,91%
Le budget de la Défense s'élève aujourd'hui à 0,91% du PIB belge.

Ainsi Charles Michel et Steven Vandeput proposent-ils que la Belgique consacre 1,3% de son PIB aux dépenses de défense en 2030 alors qu’à l’heure actuelle, le compteur belge indique 0,91% du PIB. À titre indicatif, les Etats-Unis consacrent aujourd’hui 3,59% de leur PIB aux dépenses militaires, la Grèce 2,8%, l’Estonie 2,7%, la Pologne 2,2% et la Grande-Bretagne 2,09%. Ce sont les cinq pays de l’Otan à investir le plus en matière militaire. La France pointe à 1,8% de son PIB, l’Allemagne à 1,19% et les Pays-Bas à 1,16% et le Danemark à 1,14%. Bref, avec 0,91%, la Belgique fait pâle figure en la matière et est d’ailleurs régulièrement tancée par ses partenaires transatlantiques, USA en tête… Alors, à quelques semaines du sommet de l’Otan, qui doit se tenir en juillet à Varsovie, un accord sur le 1,3% en 2030 permettra aux Belges de se rendre en Pologne (quasiment) en roulant des mécaniques.

Mais que représente précisément cette nouvelle norme de dépenses militaires? Le budget 2016 des dépenses de défense est de 3,78 milliards. Il englobe:

• les dépenses "classiques" (2,4 milliards),
 la lourde charge de la pension des anciens militaires (1,365 milliard).

Le budget de la défense va donc graduellement augmenter entre 2020 et 2030: mais d’ici à 2019, en revanche, il va d’abord diminuer puisque l’armée participe aux efforts d’assainissement budgétaire; comme elle le fait régulièrement, d’ailleurs, depuis 1983 – à l’époque, guerre froide oblige, la Belgique consacrait 4% de son PIB (!) à ses dépenses militaires…

Bref, on partira donc de 0,86% du PIB en 2019, puis chaque année, il est proposé d’augmenter le budget des dépenses de défense de 0,04% du PIB (un delta moyen d’environ 245 millions d’euros) à partir de 2020. Suivez donc la trajectoire: 0,9% du PIB en 2020, 0,98% en 2022, etc. jusqu’à atteindre 1,3% du PIB en 2030. En 2030, la Belgique devrait donc investir – si la trajectoire est actée par les partis de la coalition – 6,6 milliards d’euros en dépenses de défense, dont 4,954 milliards en investissements et 1,653 milliard en paiement des pensions des anciens militaires.

Vous suivez? Car ce n’est pas fini…

Par ici les nouveaux avions

20%
20% des dépenses doivent être consacrées à l’acquisition de "matériel majeur" et en recherche et développement.

L’Otan impose outre un ratio du PIB à consacrer aux dépenses militaires, toute une série de clés de répartition à respecter dans ces dépenses. Il y a donc la dépense et la "qualité" de ladite dépense, selon le vocable transatlantique. Ainsi 20% des dépenses doivent-elles, par exemple, être consacrées à l’acquisition de "matériel majeur" et en recherche et développement. Comme des avions, des satellites, des drones, etc.

Nous y voilà: des avions.

La nouvelle norme des dépenses militaires (1,3% du PIB en 2030) comprend l’enveloppe qui a déjà été annoncée et dégagée par le gouvernement fédéral pour les investissements d’équipements militaires. C’est la fameuse enveloppe de 9,2 milliards d’euros (entre 2020 et 2030) avec laquelle doivent être remplacés les non-moins fameux avions F-16. À côté des avions de chasse, cette enveloppe prévoit encore l’achat de frégate et d’un chasseur de mines, notamment.

"Pour le remplacement des F-16, tout reste ouvert."
Une source gouvernementale

Petite incise: une source gouvernementale (de haut niveau) rappelle et certifie qu’à ce stade, aucune décision n’a été prise par le gouvernement – et certainement pas formalisée – au regard de ce qui concerne le remplacement des F-16. "Toutes, absolument toutes, les options restent ouvertes pour le remplacement des avions. Bien entendu, il y a énormément de lobbying et de pression dans ce dossier, bien entendu, les militaires ont leurs préférences, mais nous trancherons calmement entre autres après avoir soigneusement calculé les retombées économiques de chacune des options possibles", indique cette source gouvernementale.

Revenons à notre boulier compteur: l’effort en matière d’augmentation des dépenses militaires est donc in globo de 14,8 milliards d’euros sur la période 2020/2030 pour la Belgique. Ces 14,8 milliards, c’est la fameuse enveloppe de 9,2 milliards et 5,6 milliards d’euros destinés à atteindre la norme de dépense de défense de 1,3% du PIB.

Allez, si avec ce pactole-là, la Belgique ne place pas un de ses ressortissants comme futur secrétaire général de l’Otan… Dommage que la succession du Norvégien Jens Stoltenberg ne soit pas à l’ordre du jour…

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