Une relance plus verte et plus digitale qu'attendu par l'Europe

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Le gouvernement fédéral a entamé mercredi la négociation relative à l'affectation du 1,25 milliard de subsides européens pour la relance. Consensus sur les objectifs, mais un dossier risque de crisper les échanges: la rénovation du palais de justice de Bruxelles.

Premier round. Mercredi, le Conseil des ministres restreint, le kern, s'est penché sur l'utilisation qui serait faite des quelque 1,25 milliard d'euros de subsides promis par l'Europe dans le cadre de son plan de reprise et de résilience. Après une première négociation sur la répartition du montant alloué à la Belgique (6 milliards) entre les différents niveaux de pouvoir, chacun doit choisir ses projets.

On attend la sélection du fédéral de pied ferme et le secrétaire d'Etat à la Relance, le socialiste Thomas Dermine, a présenté mercredi une première pièce à casser reprenant des projets pour 130% du subside. Il y a donc encore un gros travail de tri à opérer et des arbitrages politiques à effectuer.

Pas d'accord mercredi et le Premier ministre Alexander De Croo de mettre en garde son équipe contre les projets trop flous, qui ne relèveraient pas de manière claire des compétences fédérales ou plus simplement encore, qui ne rentreraient pas dans les critères européens. On le rappelle, l'Union veut surtout du vert et du numérique. Certains projets déposés par les ministres passent à la trappe sans ménagement. Par exemple, Karine Lalieux (PS), ministre en charge du fonds Beliris, a-t-elle demandé des budgets pour de gros projets de rénovation urbaine dans la capitale (pour la nouvelle place Royale notamment). "Si tout le monde venait avec de projets pour sa commune, on n'en sortirait pas", a-t-on fait comprendre à la Bruxelloise.

Vers 53% au lieu de 37

Un autre dossier risque de créer des tensions: la rénovation du palais de justice de Bruxelles. Un projet de législature pour le secrétaire d'Etat à la Régie des bâtiments, Mathieu Michel (MR), qui aimerait, d'ici 2024, voir disparaître les échafaudages qui voilent disgracieusement les atouts architecturaux de l'édifice depuis des années. La pertinence du projet par rapport à l'aide européenne est cependant loin de faire l'unanimité autour de la table. La rénovation complète du bâtiment conformément aux objectifs de réduction des émissions de CO2 coûterait une fortune et prendrait des années, estime-t-on. "Il y a certainement mieux à faire avec cet argent", confirme une source gouvernementale.

On n'y est donc pas encore. Par contre, le Fédéral semble s'accorder pour aller largement au-delà de certains critères européens. Là où l'UE veut 37% au moins de projets d'investissements en ligne avec la lutte contre le dérèglement climatique, le fédéral serait à 53% sans doute à la faveur de sa tutelle sur le rail. Pour la digitalisation le minimum est de 20%, mais le Fédéral monterait à 27%. Des chiffres qui peuvent encore bouger d'ici l'atterrissage de la négociation. Le plan de relance doit être finalisé avant fin avril pour prétendre aux 6 milliards disponibles.

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