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Une zone neutre dans l'espoir de débloquer le dossier des sans-papiers

L'Eglise du Béguinage à Bruxelles abrite environ 400 grévistes de la faim. ©Photo News

Avec l'établissement d'une zone neutre pour les sans-papiers, le secrétaire d'Etat Sammy Mahdi espère faire retomber quelque peu la pression.

Comme annoncé depuis un certain temps, une zone neutre a été mise en place à Bruxelles, à proximité de l'église du Béguinage où sont rassemblées des sans-papiers qui, depuis le 23 mai, mènent une grève de la faim afin d’obtenir une régularisation. Dans cette zone, ces personnes pourront recevoir des informations sur leur situation administrative et les procédures qu'elles peuvent entreprendre.

Selon le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), trop d'informations erronées circulent sur les demandes de séjour en Belgique. Des collaborateurs de la Ville de Bruxelles et de l'Office des étrangers donneront des explications sur la marche à suivre au plan administratif.

50%
Ces dernières années, 50% des demandes de régularisation ont reçu une réponse positive.

«À un moment où les gens mettent leur vie en danger, il est nécessaire de bien expliquer les règles et de dire ce que l'on fait et ce que l'on ne fait pas. La zone neutre est très importante pour leur expliquer pour quelle raison ils ont une chance ou non d'obtenir une régularisation. Ils reçoivent aussi la possibilité d'introduire immédiatement leur demande dès lors qu'ils savent si cela vaut ou non la peine», a expliqué Sammy Mahdi.

Ces dernières années, 50% des demandes de régularisation ont reçu une réponse positive. L'an dernier, 1.847 réponses positives ont été données à 3.504 demandes. 

"Il y a 150.000 sans-papiers dans notre pays et ce ne serait pas correct de traiter différemment 400 personnes."
Sammy Mahdi
Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration

Une faveur et non un droit

Le secrétaire d'État espère recevoir le soutien des associations de soutien aux réfugiés pour faire de cette zone neutre une réussite. Sur le fond, il continue cependant de s’opposer à une régularisation collective, considérant la régularisation comme une faveur et non un droit. «Nous n'allons pas mener une autre politique pour des gens qui font grève ou occupent un endroit. Il y a 150.000 sans-papiers dans notre pays et ce ne serait pas correct de traiter différemment 400 personnes», a-t-il expliqué.

C’est également ce qu’il a répondu dans un carte blanche publiée dans La Libre jeudi à la lettre ouverte de 115 personnalités internationales qui dénoncent un gouvernement belge qui serait «paralysé par la montée de l’extrême droite». Parmi les signataires, on trouve notamment le réalisateur britannique Ken Loach, le philosophe américain Noam Chomsky ou encore l’ancien ministre grec de l’économie Yannis Varoufakis.

Sammy Mahdi leur a répondu que «les personnalités internationales qui ont pris la peine de venir se rendre compte de la politique belge en la matière ont été positivement impressionnées». Parmi ces personnalités, le haut-commissaire aux réfugiés des Nations Unies, Filippo Grandi, s'était rendu le 12 mai dernier au Petit-Château à Bruxelles.

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