Vers les 11.000 faillites en Belgique en 2012

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L’économie belge risque d’être proportionnellement plus affectée par la crise que le reste des pays de la zone euro, selon Euler Hermes.

Cette année, on devrait assister à une hausse des faillites d’entreprises de l’ordre de 3% au niveau mondial (voir graphique) et de 12% à l’échelle européenne. Aux Etats-Unis, c’est au contraire une amélioration qui se profile. En Belgique, la progression des faillites ne devrait être "que" de 10%, mais atteindrait néanmoins 11.165 unités (contre 10.500 en 2011). C’est ce que prévoit l’assureur crédit Euler Hermes. Ces chiffres contrastent avec ceux de 2011 qui laissaient croire que le pire de la crise était derrière nous. Or il n’en est rien.

En cause, la très nette baisse de l’activité économique, conjuguée au resserrement des politiques monétaires et budgétaires. La croissance mondiale devrait en effet se limiter à 2,7% en 2012, après 3% en 2011, reflétant l’essoufflement des pays émergents et l’enlisement des pays développés en proie à la crise de la dette.

Sur ce dernier point, Euler Hermes pense que la zone euro survivra à la crise, fut-ce au prix d’importantes difficultés. Et le scénario d’un décrochage de la Grèce ou du Portugal de la zone n’est pas à exclure totalement.

Pour la Belgique, l’assureur crédit table sur une croissance du PIB de 0,4% cette année (0,3% pour la zone euro), tout en pointant un risque de révision à la baisse de ce chiffre. On rappellera que le FMI a annoncé vendredi dernier une contraction du PIB belge de -0,1% en 2012. "Or une baisse de la croissance de 1% engendre une hausse des faillites de 5 à 10%. Et il faut une croissance de l’ordre de 2% à 3% pour stabiliser le chiffre des faillites", fait remarquer Paul Becue, général manager chez Euler Hermes Belgique.

À ses yeux, l’économie belge risque d’être proportionnellement plus affectée par la crise que le reste des pays de la zone euro. Très dépendante de l’environnement international, la Belgique a vu sa position concurrentielle se dégrader ces dernières années, surtout par rapport aux économies émergentes.

Notre pays peut par contre se prévaloir de plusieurs atouts: l’indexation des salaires qui protège le pouvoir d’achat et la bonne tenue du marché de l’emploi. La Belgique est, avec l’Allemagne, le seul pays développé à afficher un taux de chômage inférieur à 2008, avant le déclenchement de la crise. "Mais la dégradation de la croissance en 2012 ainsi que les mesures d’austérité prises par le gouvernement Di Rupo risquent de changer la donne", prévient Marc Petre, Risk Director chez Euler Hermes Belgique.

miser sur les pays BRIC

Pour permettre à l’économie belge de retrouver le chemin de la croissance, Euler Hermes formule une double recommandation. D’une part, compte tenu de l’importance du commerce extérieur pour la Belgique, il faut veiller à maîtriser les coûts salariaux pour préserver notre compétitivité. D’autre part, les exportateurs belges doivent davantage miser sur les marchés émergents. "L’Europe s’apparente à un marché intérieur qui absorbe les trois quarts de nos exportations", rappelle Paul Becue. "Il faut se tourner vers le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine." L J-P. B.

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