Vers un dernier tour de vis du Codeco, avant de premiers assouplissements

Voilà plusieurs jours que le Premier ministre, Alexander De Croo (Open Vld), plaide pour une interdiction temporaire des voyages. Sur la même ligne que "son" ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (sp.a). ©BELGA

Ce vendredi, c'est Comité de concertation. Après s'être longuement tâtée, la Belgique devrait interdire temporairement les voyages non essentiels. Pour les métiers de contact, la date du 15 février ferait office de phare dans la nuit.

Cela devient une sorte de litanie, rythmant légèrement ce confinement qui ne devait durer qu'un mois, mais qui s'éternise. 18 décembre, 8 janvier, et maintenant 22 janvier: vendredi, c'est Comité de concertation. Avec cet exercice, devenu traditionnel dans la foulée. Que se trouvera-t-il sur la table de ce Codeco rassemblant l'étage fédéral et les entités fédérées? Tentons de faire le point.

Blijf in uw land!

Voilà des semaines que la question est posée. Jusqu'ici, la Belgique se contentait de rouler de gros yeux, en insistant sur le fait que les voyages non essentiels à l'étranger étaient "vivement déconseillés". Mais voilà: la multiplication des variants du virus et l'approche du congé de Carnaval, redouté vu le brassage de miasmes et l'accélérateur d'épidémie qu'il a représenté en 2020, changent la donne.

Interdire les voyages à l'étranger non essentiels: voilà qui a déjà occupé le kern de lundi et de mercredi. Sans que la Belgique, préférant une approche européenne, ne bouge. Jusqu'à ce vendredi: le point ayant été débattu lors du sommet européen, le tandem De Croo et Vandenbroucke va enfin pouvoir imprimer sa marque, et plaider pour une interdiction temporaire.

160.000
voyageurs
Malgré le fait que les voyages non essentiels soient "vivement déconseillés", quelque 160.000 Belges auraient sauté la frontière entre Noël et Nouvel An.

Oui, les chiffres sont stables, argumente depuis quelques jours le Premier sur les plateaux de télévision. Mais la situation peut à nouveau s'embraser à la moindre allumette. Et les gros yeux, ça ne fonctionne pas si bien que ça: environ 160.000 personnes ont voyagé entre Noël et Nouvel An. Voilà pourquoi il faut s'attendre à ce qu'une interdiction soit de mise, assortie de sanctions. Valable en tout cas durant les congés, mais il serait aussi question de tout février.

Allongement de la durée de l'isolement

Stratégie de test, quarantaine ou isolement, autant de thèmes qui se sont durablement invités. Ce vendredi, la durée de l'isolement imposé aux personnes touchées par le coronavirus devrait être allongée, passant de sept jours – à condition de ne plus avoir de symptômes et d'être délivré de la fièvre depuis trois jours – à dix jours. En cause, une fois de plus, les nouveaux variants, jugés plus coriaces.

10
jours
La durée d'isolement, pour les personnes positives, passerait de 7 à 10 jours. Et il serait question que la quarantaine revienne à 14 jours.

On parle aussi de rehausser la quarantaine à 14 jours. Quarantaine qui serait obligatoire pour toute personne qui reviendrait du Royaume-Uni et d'Irlande. Et ce, peu importe la durée du séjour – même sous les 48 heures, donc.

Pas de "refroidissement" dans les écoles francophones

En Flandre, l'affaire est entendue. Les partenaires de l'enseignement se sont mis d'accord pour défendre, au Codeco, une semaine de "refroidissement" à la veille des vacances, soit la semaine du 8 au 12 février. Durant laquelle tout l'enseignement secondaire bascule en distanciel.

"Les statistiques sont bonnes. Il faut relativiser la hausse des cas, qui reste faible. La Fédération Wallonie-Bruxelles, c'est quelque 2.500 écoles, 900.000 élèves et 100.000 enseignants."
Le cabinet de la ministre Caroline Désir

Rien de tel côté francophone, où l'on plaidera pour le statu quo. Ce n'est qu'en cas de dégradation sanitaire et en dernier recours que l'on basculerait en distanciel total dès le 2e degré du secondaire, durant la semaine précédant les vacances.

Les statistiques sont bonnes, insiste-t-on au cabinet de la ministre Caroline Désir (PS). Malgré la hausse des cas dans les écoles (442 la semaine passée), rapportée par l'ONE? "Cela reste faible. La Fédération Wallonie-Bruxelles, c'est quelque 2.500 écoles, 900.000 élèves et 100.000 enseignants. Cela permet de relativiser."

Des "perspectives" pour les métiers de contact?

C'est une certitude: les métiers de contact garderont porte close. Mais un espoir se dessine, puisque l'on parle d'une réouverture possible à partir du 15 février... à condition que la situation sanitaire le permette. Pas un engagement, donc, mais bien un début de perspective.

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