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Vers un fonds souverain belge de 18 milliards d'euros

Koen Van Loo, le CEO de la SFPI, plaidait depuis longtemps pour un regroupement des participations de l'État.

Le gouvernement fédéral devrait approuver, ce vendredi, la centralisation des participations de l’État au sein de la SFPI qui deviendrait ainsi un fonds souverain de près de 18 milliards d’euros.

Le dossier a fait l’objet d’un accord en réunion intercabinets ce jeudi, apprend L’Echo. Il arrive donc ce vendredi sur la table du gouvernement. Son objet? La centralisation des participations de l’État belge sous la houlette de la SFPI, le bras financer du Fédéral.

1,5 milliard
d'euros
La SFPI va devenir un fonds souverain de plus de 18 milliards d’euros d’actifs, avec un cash-flow d’environ 1,5 milliard d'euros.

La proposition du ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), qui va ainsi pouvoir cocher une nouvelle tâche sur sa "to do list"? Transférer à la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI), cette année encore, les participations de l’État dans Belfius, BNP Paribas, Ethias et la Loterie nationale. En 2022, ce sera le tour du groupe d’assurance-crédit à l’exportation Credendo. Bpost et Proximus suivront le 1er juin 2024.

Déjà un actionnaire

Cela devrait faire de la SFPI, qui a aujourd’hui pour 2,5 milliards d’euros d’actifs, un fonds souverain de plus de 18 milliards d’euros d’actifs, avec un cash-flow d’environ 1,5 milliard, selon nos informations - même si les sociétés non cotées doivent encore faire l’objet d’une valorisation.

Aujourd’hui, la SFPI est déjà actionnaire de bpost et de la Loterie, aux côtés de l’État fédéral, qui est également actionnaire en direct de ces deux entreprises. Par contre, Belfius, BNP Paribas et Ethias sont aux mains de l'État, même si elles sont gérées en mission déléguée par la SFPI.

Une meilleure séparation des rôles

Ce regroupement figurait dans l’accord du gouvernement De Croo. "Dans une optique de respect de la bonne gouvernance et de séparation claire entre le rôle de l’État en tant qu’actionnaire et son rôle de régulateur, la règle devrait être de centraliser toutes les participations de l’État fédéral au sein d’un même véhicule, c’est-à-dire au bilan de la SFPI." Une règle à laquelle l’accord de gouvernement prévoit toutefois de possibles exceptions.

Ce regroupement va donner à la SFPI une force de frappe pour agir rapidement en temps de crise ou si un actif stratégique belge est menacé.

En plus d'une meilleure séparation des rôles, ce regroupement devrait offrir plus d'efficacité, en raccourcissant la chaîne de décision, en évitant du double travail et en assurant la continuité de l’expertise, au-delà des aléas de la vie politique.

Besoin de nouvelles compétences

Ce sera aussi un "game changer" pour la SPFI, qui a joué un rôle croissant depuis la crise financière de 2008. Koen Van Loo, son patron, plaidait pour cette centralisation depuis longtemps. Elle va lui donner une force de frappe susceptible de faire de la SFPI un vrai fonds souverain, capable d’agir rapidement en temps de crise ou si un actif stratégique belge est menacé.

Le plus gros morceau à avaler va être Proximus - pas en termes de bilan, puisque les participations dans BNP Paribas ou Belfius pèsent bien davantage. Mais bien en termes d’expertise, parce qu’il s’agit d’une société que la SFPI ne suit pas, aujourd’hui. Il lui faudra donc recruter les compétences nécessaires.

Le transfert de la BNB aurait posé des problèmes de gouvernance, puisque la SFPI va aussi devenir actionnaire direct de Belfius et Ethias.

La BNB ou la SNCB pas concernées

À noter aussi: les participations de l’État qui ne font pas partie de ce mouvement de centralisation. On songe à la Banque nationale de Belgique (BNB), d’abord. Son transfert aurait posé des problèmes de gouvernance, puisque la SFPI va aussi devenir actionnaire direct de Belfius et Ethias, deux entreprises sur lesquelles la BNB exerce l’autorité de régulateur.

Il y a Brussels Airlines, aussi - mais le secteur est toujours en crise, et il est prévu que Lufhansa rachète, dans les années à venir, le prêt consenti par l’État belge et les parts bénéficiaires.

Plus notable encore: la SNCB et Infrabel ne font pas partie du paquet. Un trop gros morceau, sans doute, pour la SFPI, et dont la rentabilité structurelle n’est pas assurée, ce qui pourrait mettre à mal son profilage comme fonds souverain.

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