Vers une sortie de crise sur les numéros Inami

©Kristof Vadino

La conférence interministérielle a permis de relancer le dialogue entre Maggie De Block et les francophones. Le SPF Santé publique a été chargé d’élaborer une nouvelle proposition de contingentement.

Entre la ministre fédérale de la Santé Maggie De Block (Open Vld) et ses homologues francophones, l’heure est à nouveau au dialogue. La conférence interministérielle extraordinaire sur les numéros Inami attribués aux jeunes diplômés, qui s’est tenue ce lundi à Bruxelles, a permis de faire retomber quelque peu la tension politique qui avait conduit au blocage complet du dossier.

Après audition du président de la commission de planification de l’offre médicale, les ministres ont mandaté le SPF Santé publique pour élaborer une nouvelle proposition de protocole de contingentement en tenant davantage compte de la réalité de terrain en Wallonie et à Bruxelles, où certaines communes rurales font face à des pénuries de médecins. Selon l’Agence wallonne pour une vie de qualité (AViQ), il y a un déficit de 190 généralistes en Wallonie.

1.100 étudiants
À l’issue du dernier examen d’entrée organisé par Marcourt, 1.100 étudiants avaient été admis en première année.

"Le fait que le SPF ait été chargé de faire une nouvelle proposition est une bonne chose. C’est une ouverture au dialogue. On sort d’un blocage intégral entre les francophones et le Fédéral", s’est félicité le porte-parole de la ministre wallonne de la Santé, Alda Greoli (cdH).

Dans l’immédiat, plusieurs réunions techniques sont programmées, tandis que les différents ministres de la Santé devraient se retrouver en mars prochain.

De son côté, le ministre francophone de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS) souhaite toujours parvenir à un accord avec le Fédéral dans ce dossier. "Les francophones ne demandent pas de passe-droits. Ils demandent juste à être respectés. Le respect pour les étudiants en cours de formation mais aussi pour la qualité des soins de santé."

Le ton était tout aussi conciliant chez Maggie De Block: "Je souhaite toujours trouver une solution pour les étudiants. Ils ne peuvent pas être pris en otage." Mais elle a néanmoins prévenu que "les accords passés seront respectés", a-t-elle ajouté.

La question du filtre

Fin janvier, Maggie De Block avait remis le feu aux poudres en réaffirmant sa volonté de s’en tenir, côté francophone, à la délivrance de l’attestation de contingentement correspondant au quota fédéral, c’est-à-dire sans tenir compte des éventuels étudiants surnuméraires. La ministre estime en effet que le filtre mis en place du côté francophone au début des études n’est pas efficace.

Pour faire pression sur Maggie De Block, Jean-Claude Marcourt a annoncé qu’il bloquerait le projet de protocole fixant le nombre de numéros pour 2025, c’est-à-dire ceux qui concernent les étudiants qui entameront leur cursus en septembre 2019.

Le PS et le cdH ont reçu le concours quelque peu providentiel du MR dans ce dossier. Le président du Sénat Jacques Brotchi, lui-même médecin, a déclaré le week-end dernier qu’il jugeait ce filtre "très bon". Il a ajouté qu’à titre personnel, il était opposé au principe des quotas.

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