Verts et bleus restent dans le jeu des discussions fédérales

Les co-présidents d'Ecolo acceptent de poursuivre les discussions avec les préformateurs, mais on ne parle toujours pas de négocier. ©BELGA

Les préformateurs, Bart De Wever et Paul Magnette, ont revu Groen et Ecolo ce mercredi. Une nouvelle rencontre est déjà prévue, tandis que les libéraux devraient aussi être invités prochainement.

Convaincre les Verts d'entrer dans une négociation en vue de la formation d'un gouvernement fédéral, voilà la mission que tentent d'accomplir Bart De Wever (N-VA) et Paul Magnette (PS). Avec succès? Il est encore trop tôt pour le dire.

Discrétion oblige, très peu d'informations filtraient ce mercredi après la deuxième rencontre entre les écologistes et les chargés de mission royaux.

"Une discussion très approfondie sur les thématiques environnementales et climatiques."

La discussion, de près de trois heures, fut "très approfondie" sur les thématiques environnementales et climatiques, a-t-on seulement appris. Assez que pour convaincre les Verts de continuer à échanger? Vraisemblablement oui. Mais attention, entre dialogue et négociation, il y a un fossé.

Bon signe?

Avec un peu d'optimisme, on peut se permettre de voir dans l'absence de communication officielle des Verts un bon signe. En effet, après leur premier entretien avec les préformateurs, les dirigeants d'Ecolo-Groen avaient rapidement indiqué publiquement que le projet sur la table ne leur convenait pas. Polis, ils n'avaient pas claqué la porte, mais fait comprendre que sans changement, il ne faudrait pas compter sur eux.

Parmi leurs griefs, les écologistes mentionnaient entre autres des "propositions en matière de climat, d’énergie et de mobilité insuffisantes". Au vu du thème des discussions du jour, on peut imaginer que les préformateurs ont apporté des aménagements à leur note. Suffisamment pour négocier, peut-être pas, mais en tout cas assez que pour se revoir...

Rappelons-le, Bart De Wever et Paul Magnette sont à la recherche d'un sixième partenaire pour compléter la "bulle des cinq" partis (PS, sp.a, CD&V, cdH et N-VA) prêts à avancer pour former un gouvernement. Ensemble, ces formations ne totalisent que 69 sièges sur 150 à la Chambre, trop peu donc pour atteindre la majorité.

Avec l'apport des 21 strapontins de la famille écologiste, l'attelage disposerait par contre d'une assise confortable de 90 sièges. Convaincre les Verts ne sera cependant pas une sinécure. Outre leurs remarques sur les questions environnementales, ceux-ci avaient peu goûté le volet communautaire des travaux des préformateurs. Pour le co-président d'Ecolo, Jean-Marc Nollet, leur note s'apparentait même à "l'antichambre du confédéralisme". Bref, pas d'optimisme démesuré, un accord est loin d'être acquis.

Les libéraux en embuscade

Comme il convient de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, les préformateurs devraient aussi une nouvelle fois rencontrer la famille libérale dans les prochains jours. Une majorité avec ces deux partis (Open Vld et MR, 26 sièges ensemble) risquerait d'être un peu trop large et donc instable, d'où la volonté affichée par certains de laisser le MR sur le bord du chemin. Une option inenvisageable, répètent toutefois à l'envi les présidents libéraux, Georges-Louis Bouchez et Egbert Lachaert.

Au-delà, les Bleus ne sont pas convaincus par la note sur la table. Pour faire court, ils exigent des mesures socio-économiques davantage à droite et des réformes institutionnelles moins profondes.

C'est donc loin d'être gagné, d'autant plus alors que la bulle des cinq semble fragile. Mardi, le président du cdH, Maxime Prévot, a insisté: "rien n'a encore été négocié, ni validé" par les partis qui la composent.

Paul Magnette et Bart De Wever sont attendus chez le Roi lundi prochain. Importante, cette étape ne sera pas nécessairement décisive, les deux hommes s'étant donné 50 jours pour tenter d'aboutir. Cela nous mènera donc à début septembre...

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés