portrait

Vincent Van Peteghem, la tête qui dépasse

Avec Vincent Van Peteghem aux Finances, le CD&V mise sur le renouveau tout en rassurant les bourgmestres frondeurs.

"Deux mètres d’engagement à l’état pur." Tel était le slogan de campagne de Vincent Van Peteghem lorsqu’il s’est présenté aux élections de 2014. Et pour cause, puisque le nouveau ministre des Finances et vice-premier CD&V dépasse d’une tête ses collègues de gouvernement – bien visible lors de la prestation de serment au Palais d’Egmont jeudi.

Son gabarit impressionnant en fait en tout cas un élément de choix dans l’équipe de volleyball de De Pinte (près de Gand), la commune où il est bourgmestre depuis 2018.

À 40 ans, ce père de deux petites filles (Joséphine et Florine) fait partie des nouvelles têtes du gouvernement De Croo. Peu de gens le connaissent, y compris en Flandre où sa notoriété ne dépasse guère le périmètre gantois.

Une affaire de famille

Docteur en économie, il enseigne à l’EDHEC Business school, une école de commerce française basée à Lille. Étiqueté ACW (Mouvement ouvrier chrétien), il se revendique du centre. "Peu importe que l’on occupe le flanc droit ou le flanc gauche du terrain, le goal est au centre", se plait-il à dire.

Peter Van Peteghem est étiqueté ACW (MOC) mais se revendique du centre.

Comme chez les De Croo, la politique est une affaire de famille chez les Van Peteghem. Le père, Martin Van Peteghem, a été bourgmestre de De Pinte de 1998 à 2012. Le fils a siégé à la Chambre de 2016 à 2019, en tant que deuxième suppléant de Pieter De Crem, avant de migrer vers le Parlement flamand où il a épluché les dossiers financiers et budgétaires.

Vincent Van Peteghem faisait partie des "12 apôtres", ce groupe de travail composé de 12 éminences du parti qui devait analyser en interne les causes de la défaite aux dernières élections. Il figurait également parmi les sept candidats en lice pour la présidence du CD&V (remportée par Joachim Coens).

Son mentor en politique – outre son père – est le sérieux et appliqué Servais Verherstraeten, que d’aucuns voyaient d’ailleurs occuper le poste de ministre des Finances.

Ressouder le parti

Vincent Van Peteghem gère la commune De Pinte en tandem avec la N-VA. Il préfère se faire appeler "Vincent" que "Monsieur le bourgmestre". Dans la course au mayorat en 2018, il a pris la peine d’écrire à chaque famille. "J’ai rédigé 4.239 cartes, ça m’a pris un peu de temps…", sourit-il. Mais la démarche s’est avérée payante.

"La décision de faire monter Van Peteghem au fédéral constitue un signal à l’adresse des bourgmestres frondeurs, engagés comme lui dans des alliances locales avec la N-VA."

La décision de faire monter Van Peteghem au fédéral constitue un signal à l’adresse des bourgmestres frondeurs, engagés comme lui dans des alliances locales avec la N-VA et qui voient d’un mauvais œil Joachim Coens s’embarquer dans la Vivaldi. Ils avaient même formé un groupe Whatsapp.

Le parti entend désormais ressouder les rangs. Lors du congrès de participation mercredi soir, quelques voix discordantes ont encore pris la parole, avant que Hilde Crevits et Koen Geens, tous deux pourtant défavorables à un gouvernement minoritaire en Flandre, ont lancé un vibrant appel à l’unité.

Bingo et platines

Un numéro d’acteur que n’aurait sans doute pas dédaigné Vincent Van Peteghem qui, dans sa jeunesse, montait parfois sur les planches pour des one-man show. Son caractère affable et son humour à froid passent très bien auprès des habitants de sa commune. Il aime aller à la rencontre des gens, souvent accompagné de sa petite famille.

Ses visites en maison de repos sont très appréciées, surtout lorsqu’il anime des soirées bingo, un jeu qu’il adore. Pendant le confinement du printemps dernier, il fixait rendez-vous toutes les semaines sur Facebook avec ses administrés pour répondre à leurs inquiétudes. Lors des fêtes locales, il se retrouve parfois aux platines. L’histoire, par contre, ne dit pas s’il passe du Vivaldi…

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