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Vivaldi: "L'accord va passer assez facilement. C'est ça ou le chaos"

Quand l'accord aura eu l'approbation des négociateurs, il faudra encore passer sous les fourches caudines des différentes bases. ©Photo News

L'accord gouvernemental a été bouclé ce mercredi matin. Mais ensuite, il devra encore passer par les congrès de participation. Jean Faniel, du Crisp, analyse la situation.

Les négociateurs de la Vivaldi ont enfin conclu un accord ce mercredi matin. La déclaration gouvernementale est attendue jeudi après-midi devant la Chambre. D’ici là, le texte aura dû être traduit, puis scanné et approuvé par les congrès de participation du clan des sept (PS, sp.a, MR, Open Vld, Ecolo, Groen et CD&V). Une formalité?

Quels risques de veto?

"Généralement, les congrès de participation se passent assez facilement, ils sont réglés comme du papier à musique", résume Jean Faniel, le directeur général du Crisp. "Les membres approuvent souvent l'accord présenté avec une confortable majorité."

"La pression est telle que tous sont dos au mur. Je pense que l'accord va passer assez facilement."
Jean Faniel
Directeur général du Crisp (Centre de recherche et d’information sociopolitiques)

Pourtant, le CD&V, où la décision de lâcher le partenaire nationaliste du gouvernement flamand a été prise dans la douleur, doit cette fois composer avec une base parfois fort remontée.

Chez Ecolo, où c'est une assemblée générale qui décide plutôt qu'un congrès de participation, ce genre d'exercice est souvent long et parfois houleux. "En 99, les verts avaient ainsi reculé juste avant d'entrer dans une majorité régionale bruxelloise", rappelle Jean Faniel. L'esprit du parti veut privilégier le débat démocratique. Et, règles sanitaires obligent, l'événement sera hybride: les membres en ordre de cotisation pourront être présents, mais dans des lieux décentralisés avec un duplex vidéo pour agréger le tout.

Chaque parti a en effet dû trouver sa solution. "Au MR, nous avons une salle de 900 places qui permettra d'accueillir tous les délégués en maintenant la distanciation", explique la porte-parole des libéraux francophones.

"Ça ou le retour aux urnes"

On va donc discuter partout sans doute, mais "la pression est telle que tous sont dos au mur. Je pense que l'accord va passer assez facilement", glisse Jean Faniel "parce qu'il n'y a tout simplement pas vraiment d'autre possibilité. C'est ça ou le chaos. Ça ou le retour aux urnes, qu'aucun ne veut."

Et si, malgré tout, une base turbulente osait un veto? "Soit un point particulier coince, et on peut imaginer une réouverture des négociations. Mais ce n'est jamais arrivé et le calendrier ne le permet guère."

Parmi les cinq partis impliqués, il y en a deux qui pourraient, arithmétiquement, sortir de l'accord sans faire exploser la majorité: soit Groen soit le sp.a, mais on imagine mal que ces deux-là se désolidarisent de leur pendant linguistique.

Politiquement, un report semble exclu. Vous imaginez le tollé dans l'opposition?
Jean Faniel
Directeur général du Crisp

Si un autre parti coince, "les conséquences seront redoutables", pointe Jean Faniel. "On imagine bien que les présidents vont préparer leur discours: 'Je suis désolé, on aurait voulu mieux , mais on n'a pas pu...' pour éviter le couac. Et les représentants vont sans doute recevoir l'accord très peu de temps avant la réunion. Je ne parlerais pas de mascarade, mais je pense que cet élément rendra aussi cette étape très formelle."

Peut-on encore retarder? Oui

En principe donc, tout doit être bouclé pour jeudi en vue de la séance de la Chambre. Ce mercredi matin, on apprenait que les négociateurs étaient tombés d'accord. Restait le casting.

Si les débats devaient s'éterniser, un report de la déclaration gouvernementale à la Chambre est envisageable, estime le directeur du Crisp. En tout cas, techniquement et juridiquement, puisque Sophie Wilmès n'a pas présenté sa démission au Roi. "Mais politiquement, cela semble exclu. Vous imaginez le tollé dans l'opposition? Mais ça, ce ne sera pas le dernier de la législature."

Ce jeudi, a lieu à Bruxelles un Sommet européen. Si le nouveau Premier ministre a prêté serment devant le Roi et lu la déclaration, il y sera le représentant belge. Mais si pas, Sophie Wilmès aura toujours sa place.

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