chronique

Vivaldi, miroir...: notre guide des noms de coalitions

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Vivaldi, miroir, Diables Rouges, bourguignonne, arc-en-ciel: la politique belge peut être très inventive en termes de noms de coalitions. Tour d'horizon.

L’air de rien, le surnom d’une coalition, celui qui sera utilisé par tous les médias, est important. Un "branding" raté et votre produit l’est aussi, dirait un spécialiste en marketing. Le nom d’une coalition fait la plupart du temps référence aux couleurs des partis: rouge pour les socialistes, bleu pour les libéraux, etc. Mais pas seulement. Ces temps-ci fleurissent autant de surnoms que de coalitions fédérales imaginées.

  • Miroir. Cette idée vise à dupliquer automatiquement au fédéral les coalitions en place en Flandre et en Wallonie (d'où le nom "miroir"). En l'occurrence, cela donnerait donc N-VA, CD&V et Open Vld d'un côté, et PS, MR et Ecolo de l'autre. Bruxelles (où Défi est au pouvoir, mais pas le MR...) est superbement ignorée. On a détaillé les avantages et inconvénients de ce "miroir" dans une chronique précédente.
  • Arc-en-ciel. Associe rouges, bleus et verts. Le terme a été utilisé pour la première fois en 1999 pour le gouvernement Verhofstadt. Il soulignait la diversité des couleurs présentes au sein d’un exécutif sans sociaux-chrétiens pour la première fois depuis des lustres. D’un strict point de vue colorimétrique, le terme est impropre mais le surnom est resté.
  • Vivaldi. C'est un "arc-en-ciel élargi au CD&V" (faut bien dire, dit comme ça, ce n’est pas très glamour). D'où le nom "Vivaldi" (une trouvaille du MR), nettement plus sympa et qui a l’avantage d’être utilisable en français comme en néerlandais. Pas que Georges-Louis Bouchez ait une passion pour la musique classique. Mais plutôt en référence aux "Quatre saisons", la plus célèbre œuvre du compositeur italien. Quatre saisons, quatre couleurs, quatre familles politiques... En réalité, trois familles plus le CD&V puisque le cdH, qui a choisi l'opposition, n’est pas inclus.
  • Bourguignonne ("paarsgeel" en néerlandais). Cette dénomination fait référence aux armoiries de l'ancien duché de Bourgogne dont les couleurs étaient le jaune, le bleu et le rouge. Il s'agit donc de la fameuse alliance socialistes, libéraux et N-VA jusqu'ici recalée par le PS.
  • Diables rouges. C'est la presse flamande qui a inventé cette appellation. Rien à voir avec les exploits d'Eden Hazard ou de Kevin De Bruyne. Ni avec un symbole d'unité nationale. Il s'agit d'une autre formule réunissant PS et N-VA avec MR, sp.a et CD&V mais sans l'Open Vld. Les socialistes sont les rouges évidemment. Et les nationalistes flamands les "diables" (en allusion à la supposée diabolisation du parti nationaliste par les francophones). 
La Vivaldi fait référence aux "Quatre saisons", la plus célèbre oeuvre du compositeur italien.

Voilà pour les principaux surnoms en vogue à l'heure actuelle. Tout cela pour succéder à la "Suédoise", dont le nom fait référence au drapeau du pays scandinave (le bleu des libéraux, le jaune de la N-VA et la croix pour le CD&V.). Mais la liste ci-dessus est loin d'être exhaustive. Dans l'histoire politique belge, on trouve bien d'autres idées, parfois jamais concrétisées:

  • Rouge romaine. Les nombreux gouvernements Martens et Dehaene, associant les socialistes aux partis chrétiens CVP et PSC (le mot "romaine" faisant allusion à l’Église catholique).
  • Orange bleue. Sociaux-chrétiens et libéraux, sans socialistes.
  • Papillon. Quand Elio Di Rupo était Premier ministre.
  • Jamaïcaine. En référence à une coalition allemande entre libéraux, verts et démocrates-chrétiens, nommée elle-même en fonction du drapeau du pays caribéen (d’un pays à l’autre, les couleurs représentant les partis ne sont pas toujours les mêmes)
  • Olivier. Alliance "progressiste" (PS, Ecolo, cdH) qui "copie" un modèle italien.
  • Portugaise. PS, PTB, Ecolo (en allusion au drapeau lusitanien).
  • Coquelicot. PS, Ecolo et société civile.

Et la liste n'est pas encore complète...

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