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Vivaldi: tout reste à faire

Editorialiste

Un gouvernement De Croo en piste.

On dira le contraire dans les rangs de l’opposition, mais il y a de l’ambition dans cet accord de gouvernement. Au-delà du soulagement que représente l’aboutissement des négociations fédérales (enfin!), le nouvel exécutif affiche un tas d’ambitions dans un tas de domaines. Cela tient notamment à sa composition bigarrée, chacun des partis partenaires apportant ses accents particuliers.

On craignait de tomber sur un texte mou et sans vision, mais non, on y parle de long terme, de réformes essentielles, d’efficacité publique. Que ce soit en matière sociale, de santé, de sécurité, de transition énergétique, de mobilité ou encore de débat démocratique, le gouvernement De Croo en veut et ça fait plaisir à voir.

L’accord n’est encore, sur bien des domaines, qu’un catalogue de bonnes intentions.

En même temps, ce ne sont que des mots. Ils ont l’immense mérite d’exister, de faire consensus entre sept partis et de permettre à un gouvernement de passer à l’action. C’est déjà beaucoup vu le vide qui a précédé, laissant le pays sans projet pendant un temps fou.

Mais si l’accord comprend des annonces concrètes, comme le relèvement de la pension minimale, il n’est encore, sur bien des domaines, qu’un catalogue de bonnes intentions.

À titre d’exemple, une "large réforme fiscale" est annoncée, qui doit "moderniser, simplifier et rendre le système fiscal plus équitable et plus neutre". Magnifique, qui ne souscrirait pas à ce bel objectif? L’intention est plus que fondée dans un pays où le travail est fiscalement matraqué, mais il s’agira de la concrétiser.

Ce serait bien aussi de clarifier la ligne par endroits. Quand on annonce "aucune taxe nouvelle" mais qu’on ajoute aussitôt "sauf dans le cadre des discussions budgétaires", on devine que la suite ne sera pas forcément simple.

Attention aux promesses sans lendemain.

L’exécutif fédéral devra, en plus, donner corps à ce choix exprimé d’un "fédéralisme de coopération et de rencontre". Après des mois de crispations, on applaudit mais cela suppose de convaincre au-delà de son rayon d’action. En particulier en Région flamande, où le parti dominant – la N-VA – promet une opposition radicale au fédéral et pourrait bloquer bien des projets. Pourvu que la raison l’emporte.

À ce stade, Alexander De Croo et consorts ont essentiellement fixé un cadre. Il leur appartient à présent de remplir le vide avec du plein. Faute de quoi, les belles phrases volontaires de cet accord ne feront qu’ajouter à la méfiance déjà grande des Belges envers le monde politique. Au boulot !

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