Wathelet isolé au sein du gouvernement

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Les partis flamands de l’exécutif fédéral maintiennent leur exigence de l’atterrissage des corrections au Plan Wathelet sur la table du conseil des ministres. PS et MR veulent une étude de sécurité avant leur entrée en vigueur.

Les mesures correctives annoncées mardi par le secrétaire d’État Melchior Wathelet (cdH) à son plan de survol de Bruxelles font traverser une zone de turbulences au gouvernement fédéral à quelques jours des élections du 25 mai. Selon nos informations, la réunion d’hier des chefs de cabinet s’est très mal passée au regard de la position des représentants des ministres flamands et de celle des partis francophones. Les principaux ministres flamands de la majorité fédérale maintiennent toujours leurs exigences d’une présentation des mesures correctives au conseil des ministres au nom "de l’évocation". "Une fois qu’un dossier est évoqué par un parti au gouvernement, la règle veut qu’il soit débattu en kern", nous a confié une source interne au gouvernement fédéral.


Mauvaise manière
Sans ce passage au conseil des ministres, les partis flamands de la majorité (sp.a, CD & V, Open VLD) estiment que les mesures correctives de Melchior Wathelet n’ont aucune valeur juridique. Ils ont d’ailleurs envoyé une lettre dans ce sens au Premier ministre, Elio Di Rupo (PS), rappelant qu’ils avaient soulevé l’évocation du dossier lors du dernier conseil des ministres restreint (kern). "C’est vrai qu’ils ont parlé de l’évocation, mais cela n’a pas été acté dans une décision du kern. Autant Melchior Wathelet et la vice-Première, Joëlle Milquet (cdH) – qui soutiennent que le dossier ne doit pas revenir au conseil des ministres – que les partis flamands ont raison et tort à la fois", analysent plusieurs membres.
La manière dont le dossier a été géré mardi a mécontenté plusieurs membres du gouvernement, qui ont l’impression de ne pas avoir reçu toutes les informations. En effet, le groupe de travail mis en place pour discuter du "dossier avions" s’est réuni après la conférence de presse de mardi après-midi au cours de laquelle le secrétaire d’État Melchior Wathelet a présenté ses corrections.


ça vole haut
Et lors de cette réunion, la mesure renvoyant davantage de vols sur la route du Ring (voir infographie) au-dessus de communes flamandes n’aurait pas été exposée. Face à tous ces éléments (évocation, informations non dévoilées, etc.), ça vole haut au sein du gouvernement où les uns et les autres se traitent aujourd’hui de menteurs! Pour la vice-Première Milquet, les décisions de Melchior Wathelet ne devaient pas être avalisées en conseil des ministres.
Pour les partis francophones, toute mesure susceptible de soulager le quotidien des Bruxellois est bonne à prendre. Mais à condition que les nouvelles dispositions fassent l’objet d’une analyse de sécurité et d’une étude d’impact. "On peut partager les interrogations des partis flamands quant à savoir si le secrétaire d’État Wathelet peut prendre seul, en affaires courantes, des mesures pour corriger son plan. Mais on ne peut pas être opposés à des mesures qui allègent les nuisances pour les Bruxellois. Mais il faut une analyse de sécurité avant leur mise en vigueur", dit-on du côté socialiste.
"La légalité invoquée aujourd’hui est une question d’interprétation, mais le secrétaire d’État avait pris seul des mesures et reconnaît aujourd’hui qu’il y a des erreurs, d’où ses mesures de correction. Mais il faut les bétonner en matière de sécurité et en évaluer l’impact pour les populations survolées", renchérissent les ténors du MR.


Entrée en vigueur samedi
Une autre question est que les différentes analyses (sécurité, impact) ne soient pas faites dans la précipitation. En attendant, Melchior Wathelet a envoyé ses instructions à Belgocontrol, via le SPF Mobilité et Transports. La balle est désormais dans le camp de Belgocontrol et de son CEO, Johan Decuyper. Les différentes analyses sont également en cours de réalisation. Et si tout va bien, les mesures correctives devraient entrer en application samedi. Mais rien n’est sûr.


Nouvelle étude de l’ULB: plus de 500.000 impactés
Par ailleurs, une autre étude d’impact demandée par les associations (UBCNA, Pas question, Bruxelles Air Libre) suite à une réunion avec les cabinets Wathelet et Milquet est en cours de finalisation. Elle est pilotée par le SPF Mobilité et Transports qui en a confié la réalisation à des professeurs de l’Université libre de Bruxelles (ULB). Selon nos informations, elle est pratiquement terminée et les premières informations viennent renforcer les constats de l’étude de Bruxelles Environnement. L’étude de l’ULB arriverait à la conclusion que davantage de personnes sont impactées par les mesures du Plan Wathelet en vigueur depuis le 6 février.


Le nombre de personnes impactées serait d’au moins 500.000, alors que l’étude de Bruxelles évalue les personnes survolées à environ 388.000. L’étude de l’ULB fait aussi l’historique des différentes mesures et intègre un aspect sociologique (quartiers pauvres ou quartiers riches).
Les corrections annoncées mardi réduisent notamment l’utilisation du virage à gauche à 1.700 pieds, effectué principalement au-dessus de la commune d’Etterbeek. Cette disposition réduirait de moitié en journée le trafic sur cette route et à zéro entre 22h et 7h du matin (au lieu de 23h et 6h actuellement). Des compagnies devraient privilégier la route du Ring.

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