interview

Yves Coppieters: "Rien n'a été abordé sur le plan du soutien, c'est étonnant"

L'épidémiologiste de l'ULB, Yves Coppieters, revient sur les décisions du Comité de concertation. ©BELGA

L'épidémiologiste de l'ULB, Yves Coppieters, revient sur les décisions du Comité de concertation. La bride n'est que peu relâchée. Sur le plan épidémiologique c'est une bonne nouvelle, mais pas sur le plan social.

Les mesures décidées restent très strictes. A-t-on retenu les leçons d'un premier déconfinement trop rapide?

Le gouvernement a en effet lancé un message fort: le confinement reste strict, et va durer jusqu'à la mi-janvier. C'est un confinement où l'on pourra aller faire ses courses, et où les personnes isolées auront la perspective de sortir de chez elles. Pas un déconfinement.

Je pense que l'on a surtout retenu qu'il fallait se fixer des objectifs à atteindre d'une tendance à la baisse de tous les indicateurs: moins de 75 hospitalisations par jour (on est encore à 257), un taux de positivité de 5% (13% actuellement), un taux de contamination de 100 pour 100.000 habitants ( 470/100.000). La cible est aujourd'hui claire.

Sur le plan social et psychologique par contre, les décisions ne sont pas réjouissantes...

En effet, je trouve très étonnant qu'ils n'aient pas abordé ces aspects-là. Je pense aux jeunes de plus de 13 ans qui n'ont aucune alternative pour leurs congés de Noël, à l'horeca qui va devoir attendre jusque début février pour espérer ouvrir, au secteur culturel qui, hormis les musées, reste en confinement complet.

Il aurait fallu déconfiner davantage?

Non, certainement pas, ce n'est pas du tout mon discours. Mais ils auraient dû laisser l'espoir d'une réévaluation des règles début janvier. Et à tout le moins donner des marques de soutien. Rien n'a été abordé sur le plan du soutien social à ces secteurs. Or, ces aspects-là, il aurait fallu aussi les prévenir, car il risque d'y avoir encore des dégâts.

Réouvrir les commerces avant les fêtes, n'est-ce pas courir un risque élevé de voir les gens se ruer dans les magasins?

Oui, et c'est pour cela qu'il a été décidé de les réouvrir le 1er décembre, afin de permettre aux gens d'étaler leurs achats. Mais on compte beaucoup sur la responsabilité collective et sur les commerces eux-mêmes, à qui le respect des règles et la gestion des files à l'extérieur incombent. Pourtant, la responsabilité collective, on a vu que dans le passé, cela n'a pas vraiment bien fonctionné...

Quand peut-on espérer sortir de cette crise?

Pour sortir de la crise, il faudra que le virus soit éradiqué de l'environnement à l'aide du vaccin. Et ce vaccin, on ne l'attend pas avant la fin de l'hiver. Entre la mi-janvier, où l'on peut espérer un déconfinement si la courbe poursuit sa progression à la baisse, et le printemps, il faudra rester vigilant. Il y aura peut-être encore des fluctuations, on ne sait pas encore ce que donnent les règles prises pour l'enseignement. Mais tous les modèles vont dans ce sens.

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