Coup de sifflet final pour le stade national

©Jaspers-Eyers Architects

L’administration flamande rend un avis négatif pour Ghelamco.

L’administration flamande vient sans doute de donner le coup de grâce au projet de stade national déposé par le groupe Ghelamco pour le parking C du Heysel, situé à Grimbergen. Elle a en effet remis un avis négatif à la ministre Joke Schauvliege (CD&V) qui doit statuer avant la fin janvier sur la demande de permis.

Il sera quasi impossible à la ministre Joke Schauvliege de délivrer un permis au stade national.
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A lire les conclusions de son administration, il va lui être politiquement très difficile de répondre favorablement à la demande de Ghelamco qui combine un stade de 60.000 places aux normes internationales, des espaces de bureau et un parking de 10.000 places en sous-sol. D’autant que son partenaire N-VA au gouvernement flamand s’oppose durement au projet. Il s’agit d’un permis global (urbanisme et environnement) qui a mobilisé une vingtaine d’administrations.

Le double de ce qui est autorisé

Et celles-ci déconseillent à la ministre de délivrer le permis, selon le rapport que De Tijd et L’Echo ont pu lire. Les conclusions sont limpides. Dabord, selon les calculs effectués par l’administration, le projet dépasse largement les 50.000 m² de zones récréatives, ce qui est contraire aux règles urbanistiques de la Région.

100.000 m²
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Le projet devrait aboutir sur un espace de 100.000 m² de zones récréatives, soit le double de ce qui était autorisé.

Le promoteur prétend respecter cette limite légale. Mais la société de Paul Gheysens ne prend pas, par exemple, en compte les vestiaires ou l’espace situé autour des stands où nourriture et boissons sont vendues durant les matchs. Le terrain de football, les stands, les vestiaires, le studio de télévision, la billetterie, les casiers, etc. font, selon le rapport, environ 100.000 m². Le double de ce qui est autorisé.

Les critiques sont également très sévères en matière de mobilité. Tant au niveau de l’impact sur la zone que sur les garanties, jugées insuffisantes, de liaison du projet aux transports publics et aux infrastructures destinées aux piétons et cyclistes. Ghelamco pourrait décider de remettre un projet moins ambitieux, ce qui lui promet une nouvelle procédure de plusieurs années.

Fin 2017, l’UEFA avait déjà douché le projet de stade national en décidant de ne plus compter sur Bruxelles pour l’Euro 2020. En cause, les retards pris par le projet Ghelamco et les incertitudes quant à son aboutissement alors que la Belgique ne dispose pas d’un stade répondant aux normes internationales. Ce nouvel épisode risque de relancer le débat sur l’avenir du stade Roi Baudouin.

Critiques

Ecolo, DéFI et le cdH n'ont pas tardé à réagir à ce nouvel échec sur Twitter. Pour la conseillère communale écologiste à la Ville de Bruxelles Marie Nagy, "le projet phare de Courtois touché-coulé, il est temps de calculer l'édition pour la ville", tandis que le conseiller communal et chef de groupe DéFI à la Ville de Bruxelles Fabian Maingain a parlé d'"un clou de plus dans le cercueil du projet Eurostadium! Plus que jamais temps de remettre ce projet à plat, de vérifier la validité juridique du Bail Emphytéotique de la Ville de Bruxelles et de rechercher un Plan B". Pour Joëlle Milquet, ce stade national était la "chronique d’une mort annoncée ..., très chèrement payée!"

Ghelamco continue d'y croire

"Ghelamco continue de croire en son projet, malgré l'abandon de l'UEFA et l'avis du Comité régional des permis environnementaux publié", a assuré le groupe ce samedi. "Ghelamco a retiré sa première demande à cause du chemin communal qui traverserait le parking C. Lors de la nouvelle demande, le projet a été modifié et réduit, en tenant compte des remarques et conseils précédents. La procédure de demande de permis environnemental a par ailleurs été suivie. Cette procédure, spécialement prévue pour traiter efficacement les demandes de permis, garantit que le dossier est évalué au niveau flamand, autre question souvent posée. Ghelamco regrette toutefois que pendant cette procédure, certains conseils aient été donnés sans fournir l'interprétation et le contexte nécessaires", explique la société.

"Il est regrettable de constater que certaines autorités et instances contrecarrent activement la procédure, alors que celle-ci doit précisément se dérouler de manière indépendante et méticuleuse."
Ghelamco

Celle-ci pointe également les "opinions négatives" exprimées par certains décideurs politiques et regrette "de n'avoir pas disposé de toutes les données pendant l'audition, afin de pouvoir expliquer la situation au Comité régional des permis environnementaux." La commune de Grimbergen, ainsi, n'a pas remis de copie des réclamations exprimées à temps. "Il est regrettable de constater que certaines autorités et instances contrecarrent activement la procédure, alors que celle-ci doit précisément se dérouler de manière indépendante et méticuleuse", dénonce Ghelamco.

Quant à l'avis qui a été émis par le Comité régional des permis environnementaux, l'entreprise "en étudiera le contenu en détail, après quoi elle transmettra son argumentation au gouvernement flamand, qui prendra la décision finale".

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