Des mandats politiques grassement rémunérés en Flandre

©Hilz, Peter/Hollandse Hoogte

Le chef du groupe Groen au parlement flamand, Björn Rzoska, a demandé à tous les ministres du gouvernement flamand des informations sur les conseils d'administration des agences et autres institutions liées à leurs compétences. Verdict : certains mandataires, comme le président de Vlaamse Havens (les ports flamands) ont perçu de coquettes rémunérations.

La Flandre compte plus de 76 agences et institutions autonomes représentant un total de plus de 350 mandats politiques. Les rémunérations de ces mandats peuvent aller jusqu'à 29.000 euros brut par an, écrit samedi le journal Het Laatste Nieuws.

Pour la première fois, une étude tente de faire toute la lumière sur les divers mandats politiques au nord du pays, y compris ceux dont on parle peu. Björn Rzoska, chef de groupe Groen au Parlement flamand, a demandé à tous les ministres du gouvernement flamand des informations sur les conseils d'administration des agences et autres institutions liées à leurs compétences. Il s'agit d'entreprises publiques ou institutions connues de tous comme De Lijn ou le VDAB, l'équivalent flamand du Forem et d'Actiris, mais aussi de structures plus anonymes comme la Participatiemaatschappij Vlaanderen (société de participation publique) ou Vlaamse Havens (les ports flamands).

Des données ainsi collectées par le parlementaire écologiste flamand, il ressort que certains mandataires perçoivent de coquettes rémunérations. Le président de Vlaamse Havens a ainsi touché en 2016 plus de 8.000 euros brut, alors qu'à peine deux réunions ont été tenues au sein de cette structure.

©Hilz, Peter/Hollandse Hoogte

On retrouve surtout des mandataires N-VA et CD&V parmi les mandataires les mieux rétribués, selon Björn Rzoska, "ce qui montre une nouvelle fois que la N-VA est devenu un parti traditionnel". "Ce n'est pas la force du changement", estime le chef de groupe Groen en référence au slogan de campagne des nationalistes flamands, "mais la force de se servir soi-même".

L'étude met également en exergue le fait que les différentes structures en question n'autorisent que trop peu d'administrateurs indépendants et que les mandats sont principalement répartis entre des hommes/femmes de confiance des partis, d'anciens ou actuels responsables politiques et des chefs de cabinet. Ces derniers occupent souvent une fonction de commissaire du gouvernement, ce qui leur permet d'aller chercher une rémunération supplémentaire en sus de leur salaire.

Groen demande la fin de ces pratiques et la mise en place d'un plafond de rémunérations. "Le gouvernement flamand n'est pas crédible s'il ne balaie pas devant sa porte", conclut Björn Rzoska.

Le ministre-président flamand, Geert Bourgeois (N-VA), a réagi sur le plateau du journal de la VRT, jugeant que les rémunérations versées aux mandataires des agences et institutions autonomes flamandes "ne sont absolument pas trop élevées". Ces indemnités n'ont plus été modifiées depuis 2007, seulement indexées, selon M. Bourgeois.

Le ministre-président, qui a demandé la réalisation d'une étude pour comparer ces montants avec les rémunérations accordées dans des entreprises privées comparables, taxe dans la foulée Groen de faire de l'antipolitique Quant au président du sp.a, John Crombez, il estime que tous les présidents des partis flamands, majorité et opposition confondues, doivent dès à présent décider de réduire les structures et le nombre de mandats afin, in fine, de faire baisser la facture. 

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