Et c'est reparti pour un (petit) tour, à Linkebeek

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Lundi, les conseillers communaux francophones (13 sièges sur 15) de Linkebeek ont proposé le nom de Damien Thiéry (MR) comme candidat bourgmestre. En sachant pertinemment que la tutelle flamande va refuser. La ministre Liesbeth Homans (N-VA) l’a encore rappelé ce week-end. Bref, cela va se terminer une fois de plus devant le Conseil d’État.

Au fond, si cette saga ne pèche pas par manque de rebondissements – là, les scénaristes se sont fait plaisir –, elle manque par contre cruellement de suspense. Parce que les épisodes suivants sont déjà partiellement connus. Lundi soir, le conseil communal de Linkebeek a tranché. C’est bien le nom de Damien Thiéry qui sera proposé comme candidat bourgmestre à la tutelle flamande. Qui le refusera, sans doute dès aujourd’hui. Liesbeth Homans (N-VA), la ministre de l’Administration intérieure, l’a encore rappelé sur les ondes de la VRT ce week-end: Damien Thiéry ne passera pas. Bref, tout cela va (encore) se terminer devant le Conseil d’État.

"Nous ne serions pas retournés aux élections pour proposer quelqu’un d’autre."
Damien Thiéry

Pour ceux qui ont loupé les épisodes précédents, on résume. Damien Thiéry (passé de chez DéFI à la boutique MR) attend depuis 2006 sa nomination à la tête de cette petite commune à facilités située au sud de Bruxelles. Tous les ingrédients sont réunis pour un bon ragoût communautaire: périphérie bruxelloise, circulaire Peeters, envoi des convocations électorales en français et Conseil d’État. Bref, la Flandre n’a jamais voulu nommer Damien Thiéry bourgmestre de Linkebeek.

Retour au Conseil d’État

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Fin 2015, tout ce petit cirque s’emballe. Liesbeth Homans, qui ne se montre pas plus souple que Geert Bourgeois (N-VA) ou Marino Keulen (Open Vld) avant elle, décide de secouer le cocotier. Elle propose à Yves Ghequière, échevin portant les couleurs de la liste du bourgmestre, de s’asseoir sur le trône en lieu et place de Damien Thiéry. L’intéressé décline. Puisque c’est comme ça, la ministre porte son choix sur Eric De Bruycker, issu de l’opposition flamande Prolink, qui ne pèse que deux sièges sur quinze.

Après ça, les portes claquent dans tous les sens. Les treize conseillers francophones démissionnent et Eric De Bruycker rend son tablier de bourgmestre un brin bancal – depuis, il reste faisant fonction.

Aux urnes, citoyens! Tout cela débouche sur un scrutin partiel en décembre dernier, qui voit la liste emmenée par Damien Thiéry remettre la main sur les treize sièges mis en jeu. Vous avez dit retour à la case départ? La commune dispose alors de 75 jours pour désigner son candidat bourgmestre. Deux options circulent. Le plan A, c’est évidemment le boss, Damien Thiéry. Mais on évoque également un plan B: Yves Ghequière, conforté par ses 958 voix de préférence.

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Il n’en sera rien, finalement. "Nous ne serions pas retournés aux élections pour finalement proposer quelqu’un d’autre, justifie Damien Thiéry. Le jeu flamand est de nous déstabiliser et de nous diviser. Mais si jamais nous présentons un jour quelqu’un d’autre, ce ne sera pas sous la pression de Liesbeth Homans." Laquelle n’entend pas changer son fusil d’épaule. "On a dépensé 25.000 euros pour organiser des élections, qui ont permis la réélection des mêmes personnes au conseil communal, a-t-elle précisé sur les ondes de la VRT. Ce fut donc un tour pour rien. Monsieur Thiéry ne sera pas nommé durant cette législature qui court jusqu’en 2018." Et le Monsieur Thiéry en question a déjà un dossier tout prêt pour aller devant le Conseil d’État si jamais la Flandre devait à nouveau lui barrer la route.

Pour lui, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Il s’est conformé aux prescriptions du Conseil d’État pour le dernier scrutin; on ne peut donc rien lui reprocher. "Tout a été fait dans les règles." Côté flamand, on ne l’entend pas de cette oreille. Le scrutin de 2015 n’était que partiel; seuls treize sièges sur quinze étaient concernés. Nous sommes toujours au beau milieu de la législature 2012-2018, un point c’est tout. Et puisque l’on parle du Conseil d’État, on rappelle que celui-ci a déjà tranché par deux fois en défaveur de Damien Thiéry. Un raisonnement implacable, nous confiait au lendemain du dernier scrutin Christian Behrendt, professeur de droit constitutionnel à l’ULg.

Bref, Linkebeek est repartie pour un tour devant le Conseil d’État, qui disposera de nonante jours pour trancher. "Il s’agit d’un petit tour, cela va être bref", souligne Damien Thiéry.

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