Jambon a tenté d'acheter des vaccins anti-Covid... juste pour les Flamands

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Jan Jambon a tenté de commander des vaccins supplémentaires à Pfizer... uniquement pour la Flandre. DéFI dénonce la déloyauté du ministre-président flamand .

Le président de DéFI François De Smet a dénoncé ce jeudi les tentatives du ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) d'acheter des vaccins anti-Covid pour la seule Flandre, en contournant la procédure européenne sur laquelle s'étaient accordés les Vingt-sept.

Cette démarche du nationaliste flamand traduit son "mépris vis-à-vis des accords européens et, accessoirement, de tout principe de loyauté fédérale", a dénoncé M. De Smet sur Twitter. Cette critique a notamment été appuyée par le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron (Ecolo).

Jan Jambon avait reconnu mercredi au parlement flamand avoir téléphoné en personne chez Pfizer - dont le principal laboratoire fabriquant le vaccin anti-Covid se situe à Puurs (province d'Anvers) - ainsi que dans d'autres laboratoires pour voir si la Flandre pouvait "acheter à part" des doses supplémentaires du vaccin. "Pour le moment, la porte est fermée, mais on me tiendra au courant", avait-il commenté.

Soucieux d'éviter une concurrence déloyale entre eux, les États membres de l'UE et la Commission s'étaient mis d'accord il y a plusieurs mois pour mandater cette dernière afin de négocier des accords avec différents producteurs de vaccins, dans le cadre d'une approche européenne centralisée.

"Le but n'était pas de contourner le Fédéral ni les accords européens."
Cabinet Jambon

"Le but n'était pas de contourner le Fédéral ni les accords européens, nous voulions surtout signaler que nous étions candidats pour acheter des vaccins dès que ce sera possible", c'est-à-dire au terme de la procédure européenne, a justifié le cabinet Jambon, cité dans Het Nieuwsblad.

Lundi, le gouvernement allemand avait surpris en annonçant un achat, sur une base bilatérale, de 30 millions de doses supplémentaires du vaccin BioNTech/Pfizer. Mais selon la Commission, cette commande doit être vue comme partie intégrante du lot de 100 millions de doses sur lequel l'exécutif européen détient une option, en plus des 200 millions de doses initialement commandées.

Quant au reproche que l'Allemagne se serait ainsi réservé près d'un tiers du stock optionnel de vaccins BioNTech/Pfizer, la répartition entre États membres se fait sur base de la population, a rappelé la Commission, en ajoutant qu'il n'était pas exclu que certaines capitales réclament davantage de vaccins et d'autres moins.

Le gouvernement défend le début "prudent" de la campagne de vaccination

Le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) et son ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a) ont défendu ce jeudi à la Chambre le début "prudent" de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en Belgique. La task force vaccination présentera un plan mis à jour ce vendredi devant la commission Santé. Celui-ci sera d'ailleurs modifié à chaque fois que cela sera jugé nécessaire, ont-ils précisé.

"La task force vaccination a opté pour une approche consciencieuse et je pense que c'est défendable", a justifié Alexander De Croo, face aux reproches de lenteur formulés par l'opposition. "Les entreprises (pharmaceutiques) ont tout fait pour que ces vaccins soient sûrs. Et c'est tout à fait logique, lorsque l'on est le dernier maillon de la chaîne, de mettre en place des procédures à 100% sécurisées et consciencieuses. La précaution n'est pas opposée à la rapidité", a-t-il toutefois ajouté, alors que l'entreprise Pfizer a confirmé le calendrier des livraisons de vaccins d'ici la fin mars. "On peut monter en charge et administrer davantage de vaccins", a-t-il indiqué, rappelant l'objectif de vacciner 4 millions de personnes d'ici la fin mois de juin.

Face à cette disponibilité de vaccins plus importante, le gouvernement fédéral avait annoncé mardi avoir demandé à la task force vaccination de mettre à jour son plan. Celui-ci sera présenté ce vendredi en commission Santé. "Et nous lui avons demandé d'être prête en cas de livraisons supplémentaires." "Le plan sera revu en permanence sur la base des livraisons, des capacités de production, des autorisations de mise sur le marché et de l'évolution de nos connaissances", a renchéri Frank Vandenbroucke.

L'agence européenne des médicaments a donné mercredi son feu vert au vaccin développé par Moderna. "Notre pays recevra 2 millions de doses. Mais celles-ci n'arriveront pas aussi rapidement que celles de Pfizer, qui a de l'avance dans les schémas de livraison."

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