Jambon en visite chez Orban, ou le voyage qui agite la Flandre

La visite, mercredi prochain, du ministre-président flamand Jan Jambon auprès du Premier ministre hongrois Viktor Orban passe mal auprès de l'opposition Groen et sp.a. ©BELGA

Le ministre-président flamand prévoit un voyage à Budapest. En marge d'une visite culturelle, il a un rendez-vous avec le très controversé Premier ministre hongrois. La gauche voit rouge.

L'affaire agite le petit monde politique flamand en cette fin de semaine. Elle tourne autour d'une question bien connue en Belgique: doit-on copiner avec un populiste? L'esprit du cordon sanitaire n'est pas loin. Mais ici, il passe les frontières. 

Jan Jambon doit se rendre mercredi prochain en Hongrie. L'objet principal de la petite excursion: une exposition consacrée aux maîtres flamands. Mais le chef de la Flandre ne verra pas à Budapest que Van Dyck, Rubens & Co. Il a aussi un rendez-vous avec le grand maître local, le très controversé Premier ministre hongrois Viktor Orban. Au nord, la gauche voit rouge.

"Nouer des contacts"

"Simple visite d'affaire", argumente le cabinet de Jan Jambon. "L'objectif pour le ministre-président est de nouer des contacts qui pourront être utiles à la Flandre". D'ailleurs, le ministre-président doit aller le jour suivant en Tchéquie, où il a aussi rendez-vous avec des membres du gouvernement.

Ne pas discuter n'est pas une option.
Hilde Crevits
CD&V

Mauvais signal, rugissent les socialistes et les verts flamands. Pour Hannelore Goeman, cheffe de groupe sp.a au Parlement flamand, Jambon va boire le café "avec un homme qui entrave la liberté de la presse, qui décrit les migrants comme un poison, qui mine l'État de droit, qui intimide les ONG et qui est soupçonné de corruption". Jeremie Vaneeckhout (Groen) rappelle les différentes résolutions du Parlement européen dénonçant les atteintes à l'État de droit en Hongrie. Ce voyage est une forme de "reconnaissance déplacée" de Viktor Orban, gronde-t-il. 

Le Vlaams Belang est, lui, ravi: Jambon pourra se nourrir de la politique hongroise. Le chef du parti d'extrême droite souhaite même accompagner son ministre président lors de cette visite. 

Le voyage en Hongrie et en République tchèque a été approuvé par le Conseil des ministres de la région flamande ce vendredi. Hilde Crevits (CD&V), vice-ministre-présidente, avait dit juste avant qu'elle ne voyait guère de problème à cette visite. "C'est aussi l'occasion d'exprimer ses préoccupations. (...) Ne pas discuter n'est pas une option."


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