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Joachim Coens (CD&V): "Il est dangereux de monter dans un train en marche"

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La victoire de Joachim Coens fut plus serrée que prévu. D’où la main tendue vers son rival Sammy Mahdi. Dans l’immédiat, rejoindre l’arc-en-ciel n’est pas une option.

Face aux applaudissements nourris de l’assistance au siège du CD&V ce vendredi soir, le nouveau président Joachim Coens, qui venait tout juste d’apprendre sa victoire, avait l’air très calme, presque prostré. Si l’homme n’est pas un extraverti, peut-être venait-il aussi de sentir le vent du boulet. Car Sammy Mahdi, que pratiquement personne ne donnait vainqueur, est parvenu à engranger près de 47% des voix parmi les 22.000 militants qui ont rentré un bulletin de vote. Ce n’est pas une mince performance quand on sait que Coens avait le soutien de la plupart des barons du parti, à commencer par Hilde Crevits, que d’aucuns voyaient comme la meilleure personne pour remettre le parti sur les rails.

"Ceci est un nouveau départ pour les chrétiens-démocrates."
Joachim Coens

Dans son discours, Joachim Coens a néanmoins assuré qu’il avait préparé deux discours, l’un intitulé "retour vers la Côte" et l’autre "retour à la ville". Car c’est bien dans les zones urbaines que le CD&V a perdu pied. Or Sammy Mahdi, qui vit à Vilvorde, incarne précisément cet électorat urbain, fortement métissé. Des voix à l’intérieur du parti attribuent ce score serré au vote de la section anversoise, "qui en a assez de la mainmise des Ouest-flandriens".

C’est donc assez naturellement que Coens a tendu la main vers son rival. "Ceci est un nouveau départ pour les chrétiens-démocrates et je ne le ferai pas seul. Je compte sur chacun d’entre vous et en particulier sur Sammy."

Enfin, évoquant la formation d’un gouvernement fédéral, Coens a assuré être sur la même ligne que le vice-Premier ministre et négociateur en chef du parti Koen Geens, qui a répété que les sociaux-chrétiens ne sont pour l’heure pas disposés à entrer dans une coalition sans la N-VA. "Il est toujours dangereux de monter dans un train en marche", a dit le nouveau président à propos d’une possible coalition arc-en-ciel rassemblant socialistes, libéraux et écologistes. Un point que partage Sammy Mahdi, même si on dit Coens davantage confédéraliste que son jeune concurrent.

À ce stade, nul ne peut dire si le CD&V est parti pour une cure d’opposition au Fédéral ou s’il parviendra à monter dans une majorité. Compte tenu du besoin de renouvellement et de refondation du parti, l’opposition n’est pas forcément une punition. Par contre, pour un parti qui, en dépit de ses revers électoraux, dispose encore de solides relais au sein de la société civile, une participation gouvernementale est presque une obligation. 

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