Knokke-Heist veut réduire le nombre de secondes résidences

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En dehors du centre touristique, la station balnéaire va obliger les propriétaires à se domicilier dans la commune.

La commune de Knokke-Heist envisage d’obliger les propriétaires de maisons et d’appartements sis dans certains quartiers à se domicilier dans la commune. C’est ce qu’a indiqué le nouveau bourgmestre Piet De Groote lors de sa première interview depuis son entrée en fonction suite au décès de Léopold Lippens. "Nous souhaitons obliger les propriétaires de logements situés dans les anciens quartiers à se domicilier ici en dehors des zones touristiques", nous a-t-il déclaré. "Sinon, tous les biens achetés deviennent des résidences secondaires."

"Aujourd’hui, 21.000 de nos 39.000 habitations sont des résidences secondaires» Piet De Groote Bourgmestre de Knokke-Heist"
Piet De Groote
Bourgmestre de Knokke-Heist

À Knokke-Heist, les prix de l’immobilier ont flambé. L’an dernier, le prix d’achat moyen se montait à 564.033 euros. Ces cinq dernières années, les prix ont augmenté de 21%, soit plus que la moyenne de l’ensemble de la Côte (+15%). À cause de la pandémie, la popularité de la commune ne fait qu’augmenter. "Les gens viennent même sonner aux portes pour demander si l’appartement ou la maison n’est pas à vendre", explique De Groote.

La mesure doit éviter que l’immobilier ne devienne inaccessible pour ceux qui souhaitent vivre à Knokke. "Aujourd’hui, 21.000 de nos 39.000 habitations sont des résidences secondaires", poursuit le bourgmestre. "Si nous n’intervenons pas, nous arriverons rapidement à 80%."

L’obligation de domiciliation ne s’appliquera qu’aux futures ventes. Selon De Groote, cela pourrait concerner plusieurs milliers d’habitations. "Nous avons lancé le processus en espérant pouvoir appliquer la mesure l’an prochain." À l’heure actuelle, les propriétaires de secondes résidences ne sont pas obligés de se domicilier ici, souligne De Groote. La règle ne s’appliquera par ailleurs que dans certains quartiers. Par exemple, Le Zoute, qui comprend beaucoup d’immobilier de luxe, n’est pas concerné. "Dans la zone touristique, tout le monde pourra faire ce qu’il veut."

La question se pose de savoir si cette mesure est juridiquement acceptable. Knokke-Heist souhaite recourir à un «plan d’exécution spatial», qui comprendrait l’obligation «d’habiter» dans les quartiers concernés. «L’intention est louable, mais je crains que ce projet ne passe pas la rampe du Conseil d’État», estime Steve Ronse, professeur de droit immobilier à la KULeuven. "Cela semble difficile du point de vue du droit de propriété." Pieter-Jan Defoort, avocat de la commune de Knokke-Heist, qualifie le plan de "pas évident, mais défendable". "Le Conseil d’État a déjà accepté dans deux avis qu’une autorité publique impose cette obligation de résidence principale pour répondre à un besoin social."

Dans la commune, le secteur immobilier réagit avec prudence. "Je peux comprendre qu’on souhaite donner à ceux qui ont grandi à Knokke la possibilité d’y acheter un logement", explique Peter Van Wynsberghe, directeur de l’agence immobilière Van Den Broucke à Heist. "L’obligation de domiciliation fera baisser les prix dans les zones concernées, mais c’est une entaille dans le portefeuille de ceux qui ont investi ici."

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