L'ACW ne recourra pas à la déduction des intérêts notionnels

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Le mouvement syndical chrétien l'a confirmé: pas de déduction des intérêts notionnels. Le président du MR, Charles Michel, avait dénoncé cette pratique. Laissant entendre que d'autres syndicats y auraient eu recours, il compte demander une enquête parlementaire.

L'ACW, pendant flamand du Mouvement ouvrier chrétien (Moc), réplique aux accusations: il a décidé de ne pas recourir à la possibilité de déduire des intérêts notionnels. Le mouvement syndical l'a annoncé mardi.

Le journal "De Morgen" avait dévoilé lundi une note de travail montrant que l'ACW avait étudié la possibilité de recourir aux intérêts notionnels, une pratique légale permettant de réduire ses impôts, mais qui a heurté jusque dans les rangs du mouvement syndical. Le président de l'ACW, Patrick Develtere, s'est défendu en soulignant que ce mécanisme fiscal avait été envisagé pour pouvoir conserver autant de personnel que possible au sein du syndicat.

Le président du MR, Charles Michel, avait quant à lui dénoncé lundi le recours aux intérêts notionnels par l'ACW. "Cette ingénierie fiscale réalisée en stoemelings me heurte et le MR réclame toute la transparence", a-t-il déclaré à l'agence Belga, laissant entendre que "d'autres syndicats y auraient eu recours". Faute de transparence, le parti libéral compte demander une enquête parlementaire.

"De Morgen" a révélé lundi que l'ACW, pendant flamand du Mouvement ouvrier chrétien, envisageait de réduire sa facture fiscale en déduisant, via la coopérative Sociaal Engagement, des montants importants de capital à risque. L'avantage fiscal passerait de 388.000 euros à plus de 2,3 millions. Le système est parfaitement légal, mais le syndicat chrétien ACV (CSC), qui fait partie de l'ACW, a toujours dénoncé le système de déduction des intérêts notionnels.

Le MR a vivement réagi à l'information. Depuis la Jordanie, où il est en déplacement, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, qui a piloté la mise en place du régime des intérêts notionnels quand il était aux Finances, a dénoncé "l'hypocrisie" syndicale.

"J'ai toujours défendu la déduction des intérêts notionnels. C'est une réduction de l'impôt des sociétés pour tout le monde: les multinationales, les PME, mais aussi, nous le voyons, pour l'ACW. Je n'ai rien contre le recours au mécanisme par l'ACW, mais il faut cesser d'être hypocrite", a-t-il déclaré.

Le président du parti, Charles Michel, a lui aussi attaqué l'ACW, en élargissant la critique aux syndicats. "Alors que, depuis de nombreuses années, les représentants de ces organisations de gauche n'arrêtent pas de donner des leçons de solidarité et de plaider pour un matraquage fiscal des PME et des indépendants, cette ingénierie fiscale réalisée en stoemelings me heurte", a-t-il dit à Belga.

Si les syndicats, "des organisations largement financées avec de l'argent public", ne font pas toute la clarté rapidement, le MR demandera une commission d'enquête parlementaire sur le sujet, a-t-il ajouté.

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