L'île artificielle de Knokke verra-t-elle le jour?

Knokke envisage de construire une île contre la montée des eaux. L'idée vient de Ben Weyts (N-VA), le ministre flamand de la Mobilité. Sauf que ce projet pourrait découler sur une guerre juridique. Le bourgmestre de Knokke a mandaté un bureau d'avocats spécialisé pour utiliser tous les moyens juridiques possibles afin de s'opposer au projet.

Nous ne sommes pas à Dubaï, mais bien... à Knokke, où l'on envisage de créer une île artificielle de toutes pièces pour contrer la montée des eaux. Elle pourrait atteindre 30 centimètres à l’horizon 2050 et 80 centimètres à la fin du siècle.


Pourquoi une île?

Dans le journal Le Monde, Nathalie Balcaen, de l’Agence des services maritimes et côtiers, donne son explication.

On veut étudier l’effet d’une telle installation pilote sur les défenses côtières, afin de décider par la suite à quoi devront ressembler les défenses maritimes jusqu’à 2100. L’idée, c’est que les grosses vagues s’écraseront contre elles et perdront leur énergie pour arriver sur la plage avec moins d’intensité.
Nathalie Balcaen
Agence des services maritimes et côtiers

Ce projet au large de Knokke est porté par le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA) et par le secrétaire d'Etat fédéral à la Mer du Nord, Philippe De Backer (Open Vld)

Grande comme 6 terrains de football

Située à 1,2 km de la plage, la zone artificielle aurait une superficie de 40 hectares, qu'on pourrait étendre par la suite. Elle pourrait aussi servir de refuge aux animaux. Le Zwin ne se trouverait qu'à un kilomètre de là. 

→ Sauf que le bourgmestre, Léopold Lippens (CD&V), voit cette idée d'un mauvais oeil. Il est convaincu qu'une telle île, si proche de la plage, dissuaderait les touristes de se rendre à Knokke, ferait baisser la valeur des appartements donnant sur la digue et rendrait les sports nautiques impossibles en réduisant la hauteur des vagues. Il craint aussi que des péniches empruntent les eaux plus calmes situées entre l'île artificielle et la plage au risque d'en faire "un égout à ciel ouvert" pour les déchets et les dégazages des navires. Lippens a mandaté un bureau d'avocats spécialisé pour utiliser tous les moyens juridiques possibles afin de s'opposer au projet.

Le gouvernement flamand a déjà débloqué 8 millions d'euros. Il doit encore dessiner les caractéristiques principales du projet.

On attend le dossier de la Flandre. Si celui-ci montre qu’il n’existe pas d’autre possibilité pour protéger la côte et la nature, alors ça pourra se faire. A contrario, si l’île ne produit pas les résultats escomptés ou si elle entraîne des effets délétères, il faudra la déconstruire et rendre à la mer ses conditions originales.
Philippe De Backer (Open Vld)
Secrétaire d'Etat à la Mer du Nord

Aucun chantier ne devait démarrer avant 2020. 

Notre plat pays reste à la traîne dans la lutte contre le changement climatique. Dans un dernier classement, il se place au quinzième rang lorsqu’on examine les actions mises en œuvre par les Etats membres de l’Union européenne pour répondre aux objectifs de l’Accord de Paris signé en 2015.

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