Publicité

La Flandre fermera ses fermes les plus polluantes d'ici 2025

Le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA), a fait atterrir deux dossiers qui trainaient depuis des années. ©BELGA

Le gouvernement flamand est parvenu à se mettre d'accord sur une diminution drastique des émissions d'azote et sur un "stop béton" pour 2040.

Il l’avait promis, il l’a fait. À la veille du congé de Carnaval, le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) est parvenu à mettre tout le monde d’accord sur deux dossiers épineux: les émissions d’azote et le stop béton. Baptisé "Krokusdeal", cet accord est censé ramener la sérénité au sein d’une majorité "suédoise" (N-VA, Open Vld et CD&V) régulièrement secouée ces derniers temps par des tensions en son sein.

D'ici 2025, environ 40 exploitations agricoles très polluantes situées près d'espaces naturels devront fermer.

L'élevage intensif dans le viseur

Quand on évoque les émissions d’azote qui mettent à mal les espaces naturels, l’élevage intensif est principalement pointé du doigt. Il y a tout juste un an, un juge avait refusé un permis pour un élevage de poulets, estimant que la Flandre faisait fausse route en la matière avec une réglementation jugée laxiste. À terme pointait le risque d'un gel complet des octrois de permis, comme c'est le cas aux Pays-Bas.

L’accord prévoit de fermer en 2025 environ 40 exploitations très polluantes situées à proximité de zones naturelles, moyennant indemnisation. Quelque 120 autres exploitations jugées problématiques seront invitées à cesser sur base volontaire leur activité d'ici 2026, moyennant indemnisation également. Les autres exploitations porcines et de volaille devront réduire leurs émissions d'azote de 60% d'ici 2030.

5
hectares par jour
La Flandre est un des pays les plus densément bâtis au monde. Tous les jours, 5 hectares passent sous les pelleteuses.

Le gouvernement a prévu une enveloppe de 3,6 milliards d'euros, qui servira en partie à couvrir les indemnisations et en partie à restaurer certains espaces naturels, principalement en Campine. Le Boerenbond a immédiatement protesté, parlant de "coup de massue pour nos entreprises familiales et leurs familles" et de "rupture de contrat" par rapport à des engagements antérieurs. L'ancien patron du Boerenbond, Piet Vanthemsche, a été désigné comme médiateur pour faire passer la pillule.

Indemniser les propriétaires à 100%

Le deuxième dossier, c’est le "stop béton" ("betonstop"), rebaptisé entre-temps en "bouwshift". La Flandre est un des pays les plus densément bâtis au monde. Tous les jours, 5 hectares passent sous les pelleteuses. Un "stop béton" devrait ainsi pouvoir être appliqué à partir de 2040.

Du coup, certains terrains perdront leur vocation de terrain à bâtir, ce qui suppose d’indemniser les propriétaires. "L'indemnisation se fera à hauteur de 100% de la valeur vénale du terrain, c'est-à-dire la valeur estimée au prix du marché", a assuré Jan Jambon mercredi à la tribune du Parlement flamand.

Les communes n'étant pas en mesure d’assumer ce coût, un fonds spécial a été mis sur pied. Il sera alimenté à hauteur de 100 millions d’euros par an et les communes pourront y puiser pour indemniser les propriétaires.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés