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La Flandre rattrapée par la réalité

Tour de vis supplémentaire au nord du pays aussi.

Un bref moment, on a pu croire que la Flandre était séparée de la Belgique francophone par une cloison en plexiglas. Mais les pompiers vous le diront : lorsque le feu se rapproche trop, le plexiglas, ça prend facilement feu.

Depuis mardi soir, la Flandre a donc décidé de s’aligner sur le reste du pays pour un certain nombre de mesures, dont l’interdiction des sports en salle et l'arrêt complet des manifestations culturelles. Pas d’extension, en revanche, du couvre-feu, qui reste limité de minuit à 5 heures du matin.

Bien sûr, dans un pays fédéral, il n’est pas inconcevable de mener des politiques différenciées dans chacune des entités. Sauf que nous sommes ici cernés par une menace généralisée.

En dépit de chiffres sanitaires moins catastrophiques, la Flandre ne pouvait rester sourde au bruit strident des détecteurs d’incendie au sud du pays. Et puis, il y a la réalité du terrain. Les salles de fitness de la périphérie bruxelloise voyant débarquer des gens de la capitale, impossible de placer des pare-feu entre les régions.

Certains gouverneurs de province l’avaient bien compris et s’apprêtaient à resserrer la vis. Pour éviter une cacophonie générale, il fallait que le gouvernement flamand reprenne la main.

La Flandre a voulu jusqu’à l’extrême limite préserver son économie.

Mais pourquoi avoir laissé passer quatre jours depuis le dernier comité de concertation ? Pendant ce temps en effet, le virus continue de s’étendre tel un feu de forêt, au point que chaque mesure prise arrive toujours en décalage par rapport à la progression du sinistre.

La raison est que la Flandre a voulu jusqu’à l’extrême limite préserver son économie. Un objectif louable mais qui n'est pas sans risque. Dimanche dernier, le ministre-président Jan Jambon (N-VA) affirmait encore sur les plateaux de télévision qu’il n’allait pas envoyer les pompiers puisqu’il n’y avait pas (encore) le feu à la maison.

Ce faisant, il a peut-être commis la même erreur d’appréciation que Bruxelles cet été qui est restée au balcon à regarder Anvers imposer un couvre-feu drastique en pleine canicule aoûtienne, alors que les hôpitaux de la capitale commençaient pourtant déjà à émettre des avertissements.

En avril dernier, on s’était juré de ne plus se retrouver pris de court face à ce fléau. Aujourd’hui, à force de tergiverser, nous sommes à nouveau dos au mur.

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