"La Flandre veut étouffer Bruxelles": Peeters dit "faux!"

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"La Flandre a une stratégie planifiée de ponction de l'économie bruxelloise vers l'hinterland", a dénoncé vendredi Benoît Cerexhe. Le ministre président flamand, Kris Peeters, a réagit vivement, niant l'affirmation du Bruxellois en précisant qu'en effet, la Flandre voulait se développer économiquement, "mais pas sur le dos des autres régions".

Le chef du groupe cdH au parlement bruxellois Benoît Cerexhe dénonce, dans un entretien au Soir, une stratégie flamande visant à "étouffer Bruxelles". "La Flandre a une stratégie planifiée de ponction de l'économie bruxelloise vers l'hinterland", déclare-t-il. Il appelle aussi les Bruxellois à veiller à la fonction économique de la ville.

"La Flandre tente en effet de se développer sur le plan économique, et de créer de l'emploi, mais pas sur le dos des autres Régions: il suffit de voir les entreprises flamandes qui investissent en Brabant flamand, ou en Flandre Occidentale, à proximité de Mouscron", a  commenté Kris Peeters. Le ministre-président flamand a invité Bruxelles à se comporter de manière conséquente à propos des projets d'infrastructure de la Flandre.

B"Fin 2004, la Flandre a lancé son plan Start, pour le développement économique de l'axe Anvers-Zaventem. Le problème, c'est que ce projet se fait, sciemment, au détriment de l'économie bruxelloise. Le but est d'étouffer progressivement Bruxelles pour, in fine, mieux l'absorber"e, selon lui.

A savoir

"Le Diabolo (qui) relie Anvers à Zaventem sans passer par Bruxelles, la tramification du Brabant flamand (extension des lignes de tram, ndlr), l'élargissement du ring", sont d'autres exemples. "Et que dire du RER à deux vitesses : côté flamand, tout est réalisé, côté francophone, on parle de 2025", ajoute l'ex-ministre bruxellois de l'Emploi. Cela signifie, selon lui "que la Flandre assure son développement économique non seulement en dehors de sa capitale mais, pire, au détriment de celle-ci".

Le "vrai test" sera le projet de communauté urbaine, poursuit-il. "Si la Flandre est prête à la faire fonctionner, sa bonne foi sera avérée. Et mes inquiétudes infondées".

 

Cerexhe n'épargne pas non plus les francophones de Bruxelles, qui doivent se garder d'une "vision 'Bisounours' de la ville". "Je vois des signaux inquiétants, comme l'intervention permanente des comités de quartier dès qu'un projet d'activité productive, de commerce ou d'horeca émerge. Gare aussi à la vision visant à limiter l'accès de la ville à la voiture, avec la création de goulets d'étranglement ou l'instauration d'un péage urbain. Faire ça, c'est pousser à la délocalisation des entreprises", argumente-t-il.

 

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