La Flandre veut une coalition de la raison entre PS et N-VA

Le Parlement flamand doit installer une commission chargée de préparer une prochaine réforme de l'État. ©Photo News

Un retour aux urnes n’est pas souhaité et une réforme de l’État est un souci pour après 2024.

S’il y a bien un sentiment qui unit Flamands et Francophones un an après les élections, c’est celui d’une grande lassitude par rapport à l’immobilisme politique qui prévaut depuis lors. 

Le Covid-19 aurait pu restaurer l’image de la politique mais ce fut, au final, une occasion manquée. Au début de la crise, Het Laatste Nieuws, le plus gros tirage en Flandre, avait appuyé Sophie Wilmès dont la sobriété et le sérieux passaient plutôt bien. L’état de grâce n’aura pas duré longtemps. "La popularité de la Première ministre a pâti des erreurs commises par son gouvernement dans la gestion de la crise. On l’associe en outre – à tort ou à raison – à l’idée d’une coalition Vivaldi, une configuration qui ne passe pas du tout en Flandre", observe Jan Callebaut, consultant en marketing politique et auteur avec le journaliste Ivan De Vadder du livre "L’ADN de la Flandre".

Dans l’opposition, la N-VA semble avoir perdu de sa superbe. "Le parti a commis une bourde en claquant la porte du fédéral fin 2018. Il reste le premier parti de Flandre, mais n’a plus les moyens de peser sur les décisions au fédéral", note Jan Callebaut. "L’opposition n’est pas la posture rêvée pour un parti qui s’est donné une image de gestionnaire au même titre que le CVP à sa meilleure époque." D’autant qu’une crise économique sans précédent risque de terrasser la Flandre. "Beaucoup de Flamands ont perdu leur emploi ou risquent de le perdre, c’est un thème qui avait disparu de l’ordre du jour depuis 25 ans", souligne Jan Callebaut.

"Un retour aux urnes ne profiterait qu’aux extrêmes, c’est-à-dire PVDA et Vlaams Belang."
Nicolas Bouteca
politologue à UGent

Pas de retour aux urnes…

Quant à l’hypothèse de nouvelles élections à l’automne, elle n’emballe pas grand monde au nord du pays. "Un retour aux urnes ne profiterait qu’aux extrêmes, c’est-à-dire PVDA et Vlaams Belang", prédit Nicolas Bouteca, politologue à l’université de Gand (UGent). "Ces partis totalisent déjà 30 sièges non utilisables au Parlement. S’ils devaient obtenir 40 sièges, l’équation n’en serait que plus compliquée."

Plutôt qu’un nouveau scrutin, les Flamands aspirent à ce que PS et N-VA assument leurs responsabilités. Jan Callebaut: "Tout le monde attend ça. PS et N-VA, ce serait la coalition de la raison, selon le modèle suisse, soudée par l’intérêt général et complétée par quelques partis de bonne volonté."

Pour Nicolas Bouteca, il n’y a guère d’autres options, d’autant que le momentum Vivaldi semble passé: "Chacun a pu se rendre compte, au sein du Kern élargi, à quel point il est parfois difficile de travailler avec les Verts."

"PS et N-VA, ce serait la coalition de la raison. Tout le monde attend ça."
Jan Callebaut
consultant en marketing politique

… ni de réforme de l’État

Quant à l’idée d’une réforme de l’État, elle n’apparaît pas comme prioritaire maintenant. Jan Callebaut: "Mis à part le Vlaams Belang, personne n’est demandeur. Par contre, la crise sanitaire a renforcé la demande d’une gestion plus efficace. Ce qui ne signifie pas nécessairement plus d’autonomie."

Dans certains partis – au Vld notamment – on parle de refédéraliser certaines compétences, en matière de santé par exemple. Reste à voir quel timing adopter. Nicolas Bouteca: "Pour l’instant, aucun plan n’est prévu et chacun a en tête l’après-2024."

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