La N-VA mise à mal par le scandale Schild & Vrienden

©BELGA

Des photos circulent sur les réseaux sociaux montrant le secrétaire d'Etat à la Migration avec des jeunes de Schild & Vrienden. Bart De Wever dénonce une volonté d'associer la N-VA à cette association et annonce un nettoyage interne.

Ils étaient entre 600 et 650 jeudi soir à manifester à Gand contre contre l'association Schild & Vrienden. Ils répondaient ainsi à l'appel du Comac, le mouvement étudiant du PTB. Un nouveau rendez-vous a été fixé au 25 septembre.

La diffusion d'un reportage sur ce mouvement de jeunes flamands d'extrême droit a suscité un véritable émoi. C'est désormais au tour du secrétaire d'État à la Migration, Theo Francken, est touché par la tempête. Pourtant l'homme avait exprimé jeudi son indignation. "Ce n'est pas ma Flandre," avait-il lancé. Néanmoins, cette réaction n'a pas calmé la polémique. Sur les réseaux sociaux, des photos circulent où des jeunes de Schild & Vrienden prennent la pose aux côtés du secrétaire d'État.

Sur les ondes de La Première, Francken condamne une nouvelle fois les extrémistes mais s'est montré plus tolérant pour les membres de Schild & Vrienden qui n'ont pas fauté. "Dire que 1.000 jeunes de Schild en Vrienden sont comme ça, non. Il y a plusieurs groupes secrets, dont un ou deux sont super-extrêmes. Beaucoup ne savaient pas qu'il existait des groupes secrets."

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a aussi volé au secours de son ministre. "Francken n'a jamais demandé une telle chose", réagit-il. "Je sais à quel jeu vont à présent jouer les médias: (nous rendre) coupables par association. Ce n'est pas la première fois."

Le président du CD&V, Wouter Beke, a publié sur le site de son parti un billet intitulé "On récolte ce que l'on sème". "Nous pouvons envoyer des jeunes à l'université, nous pouvons les éveiller la citoyenneté, et les parents peuvent faire de leur mieux pour apprendre le respect à leurs enfants. Mais que peut-on faire si les figures de proue de notre société, les politiciens populaires ne prennent plus cette peine? S'ils nourrissent eux-mêmes les conflits, blessent les gens ou les dressent les uns contre les autres? S'ils cherchent un coupable à un problème plutôt qu'une solution?", écrit-il.

Le Premier ministre Charles Michel a pour sa part dénoncé le comportement ignoble de l'organisation d'extrême droite Schild & Vrienden lors du gala annuel du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) qui se tenait jeudi soir au Concert Noble à Bruxelles. "Je vais charger le Conseil National de Sécurité de renforcer les instruments opérationnels de lutte contre l'antisémitisme, le racisme et la xénophobie", a-t-il indiqué. Et de conclure: "La peur doit changer de camp."

Sur le terrain, plusieurs candidats de partis divers ayant eu des liens avec cette association se retirent des listes électorales. Bart De Wever dit, lui, vouloir "nettoyer" le parti. "Nous allons procéder à un nettoyage, puis nous continuerons notre action. Si certains souhaitent vraiment s'infiltrer, ce sera la porte." Une vingtaine de jeunes N-VA affichent en effet leur inclination pour Schild & Vrienden.

En attendant, l'enquête est ouverte. La juge d'instruction gantoise Annemie Serlippens a d'ores et déjà envoyé une demande d'audition de témoins aux auteurs du reportage de la VRT.

Lire également notre édito: Identités en minuscules

La RTBF diffusera le reportage  de "Pano" dans son prochain "Questions à la Une"

Le documentaire diffusé dans l'émission Pano de la VRT sur "Schild & Vrienden" sera diffusé mercredi 12 septembre dans l'émission Questions à la Une.

Le service public adapte ainsi sa programmation alors que la diffusion du reportage, qui dévoile le racisme, l'antisémitisme et le sexisme de ce mouvement d'ultra-droite, a suscité une vague d'indignation dans le monde politique flamand. 

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