"La N-VA ne va pas couper les ponts avec le CD&V et l'Open Vld"

Ben Weyts (N-VA), Hilde Crevits (CD&V), Jan Jambon (N-VA) et Bart Somers (Open Vld) vont-ils continuer à bien s'entendre au sein du gouvernement flamand? ©BELGA

La coalition fédérale Vivaldi laisse sur la touche la N-VA et le Vlaams Belang. Comment réagiront les deux plus grands partis flamands? Réponses avec Carl Devos (UGent).

Quel sera l’impact en Flandre d’une coalition fédérale Vivaldi qui laisse sur la touche les deux plus grands partis flamands que sont la N-VA et le Vlaams Belang ? Ce sont en effet les partis classés troisième (CD&V), quatrième (Open Vld), cinquième (sp.a) et sixième (Groen) qui vont monter au Fédéral. Et encore, à eux quatre, ils ne représentent que 42 sièges contre 45 sièges côté francophone (PS, MR et Ecolo).

Pour Carl Devos, politologue à l’université de Gand (UGent), la N-VA ne se privera pas d’attaquer un gouvernement fédéral «francophone et de gauche», donc non représentatif en Flandre. Pourtant, observe Devos, les quatre partis flamands de la Vivaldi ont la majorité dans quatre des cinq provinces du nord du pays (sauf Anvers).

Ne pas couper les ponts

Plus fondamentalement, il faudra voir quel sera l’impact sur la cohésion au sein du gouvernement flamand, dirigé par la N-VA avec l’appui du CD&V et de l’Open Vld. «Il n’est pas dans l’intérêt de la N-VA de couper les ponts avec ses partenaires et de transformer le gouvernement flamand en un champ de bataille», estime Carl Devos. «Il n’est pas non plus dans l’intérêt de la N-VA de saboter l’action du CD&V et Open Vld au Fédéral. Le ministre-président Jan Jambon n’est pas en position de force et le parti a tout intérêt à conserver une image de parti responsable et bon gestionnaire

"Il n’est pas dans l’intérêt de la N-VA de couper les ponts avec ses partenaires et de transformer le gouvernement flamand en un champ de bataille."
Carl Devos
Politologue (UGent)

Le politologue rappelle aussi qu’entre Bart De Wever et Hilde Crevits, la figure de proue du CD&V, le courant est toujours très bien passé et qu’il n’y a pas de raison que cela change.

Devos s’interroge en revanche sur la future relation entre la N-VA et le Vlaams Belang sur les bancs de l’opposition. «Si la N-VA ambitionne de revenir un jour au Fédéral, elle ne peut pas se permettre de se rapprocher du Belang pour ne pas indisposer les francophones. Si par contre, la N-VA juge que le niveau fédéral ne l’intéresse plus, cela peut donner des idées pour un nouveau type de majorité en Flandre en 2024. Autrement dit, la question est de savoir si la N-VA reléguée dans l’opposition va se radicaliser ou pas.»

"La question est de savoir si la N-VA reléguée dans l’opposition va se radicaliser ou pas."
Carl Devos
Politologue (UGent)

Lachaert en patron

Carl Devos épingle enfin l’étonnant changement de cap d’Egbert Lachaert. Élu par la base du parti opposée au centrisme de Rutten, Somers, Tommelein et Dewael, il se retrouve à présent embarqué sur un navire qui tangue clairement à gauche. «Au début de son mandat, Lachaert était le président, mais pas le patron. Aujourd’hui, il s’est affirmé en patron, car il a fait la paix avec les bleus-verts de son parti et pourra en outre se prévaloir d’avoir agi dans l’intérêt supérieur du pays.»

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