La police enquête sur la vague de commentaires racistes après le naufrage d'un bateau de migrants

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En Flandre, des dizaines de commentaires racistes postés sous un article de presse concernant une opération de sauvetage de réfugiés ce lundi à La Panne a incité plusieurs responsables politiques à réagir fermement.

Ce mardi matin, le groupe de chaînes de télévision régionales de Flandre occidentale Focus & WTV a rapporté sur son site web qu'une action de secours était en cours à La Panne après qu'un bateau transportant des migrants, tentant de rejoindre le Royaume-Uni, s'était échoué. Six personnes ont pu être sauvées tandis que huit autres, dont deux enfants, sont portées disparues.

Cet article partagé par sur le réseau social Facebook a immédiatement suscité un déferlement de réactions racistes. Ce qui a incité le groupe à pousser un coup de gueule dans un nouvel article intitulé "Focus & WTV condamnent le racisme"

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"Toute la matinée, il a plu des messages racistes et haineux sur nos médias sociaux", tance le groupe, qui dévoile les captures d'écran de plusieurs messages haineux. "Belle affaire, il faut espérer qu'il y en aura d'autres", écrit ainsi un premier internaute. "Laissez-les nager. Ce n'est pas loin et ils ne seront plus ici de toute façon", déclare un autre. "Ils peuvent rentrer à la nage d'où ils viennent. Bon voyage", dit un troisième.

"La rédaction a tenté de supprimer ces messages de haine autant que possible", indique ensuite le groupe, qui précise que le racisme et les réactions inappropriées sont éliminés "sans pardon".

La police fédérale enquête

Si nous décidons de poursuivre ces personnes, elles risquent un emprisonnement d'un mois à un an et une amende pouvant aller jusqu'à 8.000 euros
Johan Lescrauwaet
Parquet d'Ypres

À la demande du parquet de Flandre occidentale, la police fédérale a ouvert une enquête sur les propos racistes publiés sur les réseaux sociaux. "C'est un signal important pour montrer que cela ne sera pas toléré", explique Johan Lescrauwaet, du parquet d'Ypres.

Le service fédéral spécialisé vérifiera si certaines personnes incitent à la haine dans leur message. En cas d'infractions pénales, la police établira un PV. "Si nous décidons de poursuivre ces personnes, elles risquent un emprisonnement d'un mois à un an et une amende pouvant aller jusqu'à 8.000 euros. Cela s'est déjà produit dans le passé avec des messages en ligne concernant le négationnisme", met en garde Johan Lescrauwaet. 

La classe politique réagit

Ce déferlement de haine a fait réagir l'ensemble de la classe politique flamande. Bart De Wever a ainsi indiqué sur son compte Twitter que "le mécontentement justifié à l'égard de la politique européenne de l'immigration ne devait jamais se transformer en ressentiment à l'égard des personnes." "Dans la nation flamande que nous voulons former ensemble, il n'y a pas de place pour le racisme", a ajouté le président des nationalistes flamands.

"Les gens, quelle que soit la tendance politique, faites-vous entendre et condamnez cela. Jusqu'où allons-nous laisser cela aller? A quel point?", a réagi le président du sp.a Conner Rousseau. 

"C'est tellement méprisable et triste. Pas ma Flandre. Une réponse commune au-delà des lignes de parti plus que nécessaire", a demandé de son côté la ministre CD&V Hilde Crevits.

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