La VRT, un service audiovisuel public mis à la diète depuis cinq ans

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La VRT a dû économiser 30 millions d'euros depuis 2015. L’opposition accuse le gouvernement de vouloir torpiller le service public au profit des chaînes privées.

La Flandre veut-elle encore d’un service audiovisuel public digne de ce nom? Depuis plus de cinq ans, la VRT se débat dans des contraintes budgétaires dictées par les deux derniers gouvernements flamands en date.

Dans son dernier rapport annuel, qui porte sur 2018, l’entreprise audiovisuelle publique relève qu’entre 2015 et 2019, elle aura dû économiser près de 30 millions d’euros. Depuis 2007, elle a perdu 700 emplois. Son cadre est aujourd’hui fixé à 2.000 collaborateurs. À peine plus qu’à la RTBF.

Bénéfice en baisse

Malgré tout, l’entreprise gagne encore de l’argent. Après un profit exceptionnel de près de 60 millions d’euros en 2017 suite à la vente de ses terrains de Reyers (comme la RTBF d’ailleurs), elle affichait en 2018, un bénéfice net de près de 3,2 millions d’euros pour des revenus de 425 millions, en baisse de 5% à périmètre comparable (hors la vente de terrains), ceci en raison notamment de la suppression d’une dotation pour les pensions.

12
millions €
La VRT va devoir économiser jusqu’à 12 millions d’euros en 2024.

Les perspectives pour les années à venir ne sont guère plus encourageantes. Le nouveau gouvernement flamand a infligé à la VRT une nouvelle cure d’austérité. Elle devra économiser 2,4 millions d’euros cette année. Davantage encore les années suivantes pour atteindre 12 millions d’euros en 2024. "2,4 millions d’euros, c’est 0,9% de sa dotation totale. Ce n’est pas une économie sans importance, mais c’est réalisable", assure au Tijd, Benjamin Dalle, le ministre flamand des médias (CD&V).

En octobre dernier, le désormais ex-CEO Paul Lembrechts, estimait, lui, que les économies seraient largement supérieures. "En raison de la non-indexation de la dotation de la VRT et des coûts des pensions du personnel, les économies se chiffreront à plus de 40 millions d’euros en 2024", indiquait-il alors.

Netflix flamand

De quoi menacer l’écosystème audiovisuel flamand, car celui-ci repose beaucoup sur les commandes des chaînes de télévision aux maisons de production extérieures.

D’aucuns dans l’opposition accusent le gouvernement de vouloir torpiller ainsi le service public au profit des chaînes privées. Hasard ou coïncidence. En pleine crise à la VRT, DPG Media, maison mère de la chaîne commerciale VTM, a annoncé son intention de lancer en solo son "Netflix flamand" pour contrer les Gafa. Un projet qui, initialement, devait être piloté par tous les opérateurs de télévision du nord du pays. 

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