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Le coût de la construction pourrait augmenter en Flandre

©Hilz, Peter/Hollandse Hoogte

Freya Van den Bossche, la ministre flamande de l’Energie, envisage d’accélérer le passage à la norme E60. Ce ne sera pas gratuit.

D’ici 2014 tous les logements nouvellement construits en Flandre devront obligatoirement recourir pour une part à l’énergie verte et dans dix ans il ne sera plus possible de mettre en location un logement dont le toit n’aura pas été isolé. Ces deux mesures, en particulier la première, pourraient entraîner une hausse du coût de la construction en Flandre, c’est-à-dire dans la périphérie bruxelloise et notamment dans les communes à facilités.

Surcoût

Le secteur du logement, où l’on sent poindre un mélange d’étonnement et d’inquiétude, a déjà été confronté plus d’une fois à des affirmations matamoresques et des effets d’annonce de la part de Freya Van den Bossche, si bien que "nous préférons attendre d’en savoir plus avant de commenter ces informations", dit un responsable du secteur.

Il n’empêche, deux associations professionnelles sont déjà montées au créneau, Bouwunie, qui regroupe essentiellement des PME du secteur de la construction et est proche des classes moyennes flamandes (Unizo), et la Confédération Construction flamande (patronat), pour dénoncer "le surcoût pour le candidat bâtisseur que cette mesure entraînera" (Bouwunie) et espérer que "la mesure envisagée par la ministre est globale et non pas applicable à chaque habitation" (Confédération Construction flamande).

Pour en avoir le cœur net, il faut attendre le résultat d’une étude que mène actuellement l’Institut flamand de recherche technologique (Vlaams Instituut voor Technologisch Onderzoek VITO), à la demande de la ministre précisément. Quand ce résultat sera-t-il connu? "Dans quelques jours peut-être, au plus tard dans les prochaines semaines", dit-on au cabinet de Freya Van den Bossche. On a déjà entendu plus précis.

Selon des calculs effectués par Bouwunie, si l’intention de la ministre est d’anticiper sur l’obligation européenne d’obliger le secteur du logement neuf à ne plus recourir qu’aux seules énergies renouvelables à l’horizon 2021, celui qui envisage de construire sur un terrain situé en Flandre peut d’ores et déjà se préparer à devoir supporter un coût supplémentaire.

Pourquoi et comment

Pourquoi? C’est relativement simple à expliquer. La ministre flamande de l’Energie veut imposer, dit-on, une étape intermédiaire en obligeant le secteur du logement neuf à recourir dès 2014 à "un certain pourcentage" d’énergie renouvelable.

Comment? En imposant par exemple dès cette date le respect de la norme E60 (la norme actuelle étant E80), ce qui implique que d’ici 2014 tout logement neuf devrait voir sa performance énergétique augmenter de 25&flexSpace;%. Pour une habitation trois façades de 175 m2, c’est-à-dire le logement type que l’on construit en Flandre, cela entraînerait, dit-on chez Bouwunie, un coût de construction supplémentaire de 15.000 à 25.000 euros.

Est-ce jouable? Sur le plan technique (chauffage, isolation, étanchéité à l’air, ventilation), oui. Sur le plan financier, c’est à voir. Et sur le plan pratique c’est à voir aussi vu qu’entre la recherche d’un terrain et la prise en occupation d’un logement il peut s’écouler trois ans. 2014 3 = 2011. C’est donc dès maintenant que les candidats bâtisseurs, candidats occupants ou candidats investisseurs, doivent tenir compte de cette éventualité.

Isolation

Les investisseurs actuels et futurs doivent aussi tenir compte d’une autre date limite, celle de 2020. La même Freya Van den Bossche a en effet annoncé qu’une obligation de faire isoler le toit de tout logement mis en location sera progressivement introduite en Flandre et "qu’en 2020 tout propriétaire qui n’aura pas fait isoler son toit ne pourra plus mettre son logement en location. C’est un signal fort que nous envoyons aux propriétaires pour que dès maintenant ils se saisissent du problème et bénéficient au maximum des primes existantes pour isoler leur bien et le rendre plus économe".

Ce qui pose le problème du contrôle, c’est-à-dire celui du "scanner énergétique". 50.000 tests de ce type ont déjà été effectués en Flandre au cours des trois dernières années. Freya Van den Bossche est d’accord avec l’idée de donner à ces scanners "une fonction de signal" et même de les utiliser pour contraindre les propriétaires de biens où des manquements ont été signalés à se mettre en ordre. Un propriétaire averti en vaut… plusieurs.

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