Le nationaliste rebelle de Ninove fâche la N-VA

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A Ninove, ce fut très difficile d'obtenir un accord de coalition. Mais hier soir, fumée blanche: l'Open Vld et Samen pouvaient bénéficier de l'appui de la tête de liste N-VA Joost Arents pour former une majorité. Or, les nationalistes flamands comptaient siéger dans l'opposition... La direction du parti est furieuse.

Mercredi, on apprenait qu'une coalition avait enfin été dégagée dans la commune flamande de Ninove. Une coalition formée par l'Open Vld et Samen, avec l'appui de la tête de liste N-VA Joost Arents. 

Pour rappel, une incapacité de gouverner menaçait à Ninove. Une coalition avait besoin, pour diriger, de 17 sièges sur 33. Or...

Forza Ninove, emmené par Guy D'haeseleer siégeant au Parlement flamand dans les rangs du Vlaams Belang, disposait de 15 sièges. La formation d'extrême droite manquait donc de deux sièges pour atteindre la majorité absolue. L'Open Vld et la liste Samen (CD & V, Groen et sp.a) avaient directement refusé de discuter avec Forza Ninove. Dès lors, la seule option pour D'haeseleer était de monter une coalition avec la N-VA, ce qui aurait signifié une rupture du cordon sanitaire. La N-VA avait décliné l'offre.
L'Open Vld avait obtenu 9 sièges lors des élections communales et Samen 7.  La bourgmestre actuelle, Tania De Jonge (Open Vld) avait annoncé il y a deux semaines être en mesure de composer une coalition avec la N-VA et Samen, mais l'appui seul du N-VA Joost Arents permettait de monter une coalition ayant une majorité. 

Et donc, finalement, Joost Arents a donné son accord. Ce qui ne plaît pas du tout à la direction nationale de la N-VA. En effet, la section locale du parti nationaliste avait opté pour l'opposition.

La direction de la section locale (de la N-VA) avait opté pour l'opposition après la défaite électorale et cela a encore été confirmé récemment.
Joachim Pohlmann
porte-parole national de la N-VA

Selon le porte-parole national de la N-VA, Joachim Pohlmann: "Monsieur Arents va maintenant à l'encontre de la décision de ses instances. C'est maintenant à la section locale de se concerter et d'entreprendre, le cas échéant, les étapes nécessaires."

"Personnellement, je reste N-VA," indique pour sa part Joost Arents. "Je ne sais pas ce que le parti va décider. L'alternative aurait été de laisser la ville à l'extrême droite."

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En conférence de presse, ce jeudi, il a reconnu qu'il faisait face à une fronde à l'intérieur de son parti. ""Il y a des gens au sein du parti qui réagissent brutalement, mais je l'ai fait dans l'intérêt de la ville. Dans ce cas-ci, l'intérêt de ma ville était plus important que la position du parti." Je voulais communiquer avec tous les démocrates présents à la table.(...) J'ai informé le niveau national de mon action, et la première réaction a été "pas amusé". Ensuite, calme plat. Ce soir, c'est la réunion du conseil d'administration, et nous verrons si je dois continuer en tant qu'indépendant. Mais je ne m'attends pas à ce cela. Je pense qu'il y a suffisamment de gens à l'intérieur du parti qui croient en ce projet."

Et Joost Arents de  lancer une comparaison avec Bart De Wever à Anvers, où il a formé une coalition avec les socialistes. "Bart  De Wever a également transcendé l'idéologie du parti en faisant le lien. J'ai aussi voulu faire ça à Ninove, avec tous les partis démocratiques autour de la table."

Arents explique encore: "Guy D'haeseleer m'a promis le paradis. Il ne s'agissait pas de contenu mais d'un mandat (...) L'alternative consistait à la ville la ville à l'extrême droite."

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